Or, voilà que la typicité traditionnelle est contestée. D'une part, de nombreuses appellations admettent les cépages girondins, tant en blanc qu'en rouge, et ces cépages accaparent une proportion croissante de l'encépagement. D'autre part, même dans les appellations où les cépages traditionnels entrent à titre principal, de nombreuses voix s'élèvent pour réclamer qu'une place plus large soit faite à des cépages censés être plus nobles. En somme, une sorte de nouvelle guerre des anciens et des modernes, où les tenants du malbec et du tannat résistent tant bien que mal aux assauts des partisans du merlot et des cabernets.
Nulle unité ici : la vigne prospère ici et là, de la Guyenne aux Pyrénées, en passant par le Haut-Pays et la Gascogne. Certaines appellations se déclinent dans les trois couleurs, voire même en effervescent comme à Gaillac; d'autres sont vouées au blanc, d'autres encore au rouge, et pour compliquer le tout, s'enchevêtrent parfois sur le terrain. Mais la bonne nouvelle pour l'amateur de vin, c'est une vaste gamme, ouverte par sa diversité, soutenue par l'originalité, affirmée dans son caractère.
L'Association pour la promotion des vins du Sud-Ouest, née en 1991, a pour objectif d'arriver à un Comité Inter-professionnel unique, capable de faire entendre la voix du Sud-Ouest dans le concert européen. Cette association regroupe toutes les appellations du Sud-Ouest, à l'exclusion de celles du Bergeracois, lequel avait déjà son propre Comité Inter-professionnel.
Le Sud-Ouest totalise 70.000 hectares de vignes, répartis sur quatre régions principales :
Les vins rouges sont produits à Bergerac, Madiran et sa région, Cahors, Irouléguy, Gaillac, Buzet, et Marcillac. Ainsi qu'à Pécharmant, Fronton, Tursan, Duras, Marmande, Entraygues, Estaing, et Lavilledieu.
Les blancs sont produits à Jurançon, Monbazillac, Rosette, Gaillac, Saussignac, Bergerac, Montravel, Estaing, et Entraygues.
| Année | Qualité et garde |
|---|---|
| 1987 | Résultats irréguliers.
Tout devrait être bu. |
| 1988 | Très bonne année pour les rouges et les blancs moelleux. Très bonne garde. |
| 1989 | Bon millésime, à conserver
plus longtemps que le 88.
Très bon Jurançon, de grande garde. |
| 1990 | Bonne année (surtout les liquoreux), mais cependant moins bien que 89 en rouge. |
| 1991 | Millésime moyen, à
boire très jeune.
Les liquoreux sont corrects. |
| 1992 | Bonne année, vins souples assez réussis mais à boire avant 1998. |
| 1993 | Dans le Haut-Pays, les blancs sont
fins, mais les rouges manquent de couleur et de concentration. Résultats
inégaux en
Cahors. Des vins à boire jeunes.
Dans les zones de piémont, très bonne qualité et longue garde. Jurançon sera de longue garde. |
| 1994 | Tous les blancs sont riches; les
secs sont gras et de bonne garde; les moelleux sont mûrs et de grande
garde.
Les rouges et rosés de cépages précoces sont très bons. Les Madiran sont de grande garde; les Cahors, supérieurs aux trois années précédentes, permettront d'inaugurer le 21e siècle. |