Il n'y a guère, les vins corses étaient jugés rustiques, voire vulgaires. Mais ces vingt dernières années, un arrachage énergique des vignes les moins bonnes, et des efforts qualitatifs en ce qui concerne les soins apportés à la vigne et les méthodes de vinification ont contribué à une amélioration notable de la réputation de l'île.
Ceux des vins corses qui sont issus de terres pauvres à dominante de silice, sont originaux et peuvent se révéler excellents. Délicieux dans leur jeunesse, ils ont la faculté de vieillir admirablement en prenant un bouquet délicat.
Les blancs, issus de vermentino (alias malvasia ou malvoisie de Corse),
et d'ugni blanc, souvent secs, ont beaucoup de finesse et de parfum; certains
évoquent l'Hermitage.
Dans une catégorie différente, le muscat donne des vins
réputés au Cap Corse.
Les rouges ont un bouquet remarquable. Ils sont presque toujours capiteux et puissants mais possèdent une finesse toute particulière. Certains s'apparentent nettement aux Côtes du Rhône, et particulièrement au Châteauneuf-du-Pape.
Les rosés, exquis, sont fruités, avec une chaude saveur à la fois poivrée et fumée. Ils accaparent un tiers de la production AOC.
Deux cépages noirs sont particulièrement importants :
Rouges et rosés proviennent du sciacarello pour au moins 40% (60% à partir du millésime 2000), plus du barbarossa, du niellucio, du vermentino, et de cépages secondaires pour moins de 40% : cinsaut, grenache noir, carignan (moins de 15%).
Les blancs sont dûs au vermentino pour au moins 80%, et de l'ugni blanc.
Les rouges doivent titrer au moins 12%vol; les blancs et rosés, 11,5%vol.
Les rouges d'Ajaccio doivent au sciacarello leur texture soyeuse, des arômes de framboise, et un bouquet poivré présentant des notes de café et d'amande grillée.
Bonnes adresses :
A terme, seul le niellucio, qui trouve ici son terroir d'élection,
pourra subsister.
Rouges et rosés doivent en provenir pour au moins 40% en rosé,
et 60% en rouge. Les cépages d'appoint sont le sciacarello, le grenache
noir, le vermentino et l'ugni blanc (alias rossola).
Très colorés, pleins, les rouges présentent un
bouquet de violette. Ces vins somptueux, persistant longuement en bouche,
sont à boire vers 2 ou 3 ans mais se conservent 6 à 8 ans.
Les blancs doivent être faits de vermentino pour au moins 80% (100% en l'an 2000), plus de l'ugni blanc. Ces vins à la belle robe jaune pâle, secs et frais, aux arômes floraux et de pomme, sont à boire vers 1 ou 2 ans.
Le rosé, généralement tenu pour le meilleur de Corse, est assez alcoolisé et corsé, mais aussi délicieusement parfumé.
Bonnes adresses :
Cette appellation peut être produite sur tous les terroirs de
l'île classés en AOC, à l'exception de Patrimonio.
Sa production provient toutefois, pour l'essentiel, des hauteurs qui surplombent
la plaine orientale, et de la moyenne vallée du Golo, dans le pays
de Corte.
Moins fins que ceux d'appellation locale, ces vins sont cependant très
fruités, bouquetés, et moins corsés que leur nom ne
le laisse imaginer.
Il convient de les boire vers 1 ou 2 ans.
Les rouges et rosés proviennent du niellucio et du sciacarello, chacun pour au moins un tiers, plus du grenache noir et des cépages d'appoint : cinsaut, mourvèdre, barbarossa, syrah, carignan et vermentino (moins de 20% chacun).
Les blancs viennent du vermentino pour au moins 75%, et de l'ugni blanc pour
le reste.
Le rendement de base est de 50 hl/ha, les vins doivent titrer au moins 11,5%vol,
et l'enrichissement est interdit.
Cinq zones ont le droit d'ajouter leur nom à l'appellation, à condition de limiter le rendement de base à 45 hl/ha.
Les cépages sont ceux des Vin de Corse, mais en blanc le codivarta
est admis en cépage d'appoint supplémentaire.
Jadis fort étendu, le vignoble du Cap Corse se réduit aujourd'hui
à celui de Rogliano (à l'extrémité nord du cap)
et à quelques autres vignes disséminées, sur des coteaux
en pente raide. Il fournit des vins variés : rouges, bons blancs secs
de malvoisie, Vin Doux Naturel dit "rappu", tous d'une très grande
finesse.
L'AOC Muscat du Cap Corse, Vin Doux Naturel, a vu le jour en mars 1993.
Bonnes adresses :
Cette appellation désigne les vins de la Balagne, contrée la plus riante de Corse et naguère la plus fertile. Les rouges ont de la souplesse et du charme. Rosés et blancs ne manquent ni de finesse, ni de douceur.
Bonnes adresses :
des rouges très typés, en particulier ceux issus du cépage montanaccio, variété locale du sciacarello.
Adresses :
de ce bout du monde aride et venteux proviennent des vins, surtout rouges,
robustes, parmi les meilleurs de Corse.
principalement des rouges, fruités et bien équilibrés, produits au nord de Porto-Vecchio et à proximité de Bonifaccio.
Adresse :
Voir :
Comment faire ? Jusqu'à une date récente, la seule source était les cavistes, et très peu parmi eux proposaient des vins corses. Fort heureusement, on trouve maintenant bon nombre des meilleurs producteurs représentés à l'Espace Cyrnéa, 38 allée Vivaldi, Paris 12e (tel. 43.40.13.43).