| Année | Qualité et garde |
|---|---|
| 1987 | Les blancs sont médiocres, sauf quelques réussites en Hermitage Les rouges, passables, étaient à boire dès 93. |
| 1988 | Millésime exceptionnel (équilibre, palette aromatique, concentration), avec des tanins soyeux permettant une très bonne garde. |
| 1989 | Excellente année. Les rouges sont riches en tanin mais de moins longue garde que les 88 en raison de leur acidité plus basse. |
| 1990 | Millésime exceptionnel en rouge (fruit, tanins, concentration), de
très bonne garde. Grande réussite en Hermitage.
Les blancs sont inégaux. |
| 1991 | Bonne qualité, mais garde moyenne. Peut être bu dès 1994. Réussite en Côte Rôtie. |
| 1992 | Année moyenne, sauf quelques bonnes cuvées d'Hermitage et de Cornas. Côte Rôtie se fera vite, mais pourra tenir 10 à 12 ans. Dilution en Saint-Joseph et Crozes-Hemitage. Ignorer le Condrieu. |
| 1993 | Année médiocre en général. Des vins légers, à boire rapidement. Les blancs s'en tirent mieux. |
| 1994 | Très bon millésime, mais de garde seulement moyenne. |
En rouge, les prix vont de 25F pour le Crozes-Hermitage à 150F pour le Côte Rôtie.
La syrah est un cépage typique des Côtes du Rhône du Nord, et la légende veut que ce soit le cépage du vin des noces de Cana...
Ce terroir, parfois appelé "Côte chérie" localement, s'étend sur la rive droite du Rhône, à Condrieu lui-même (département du Rhône), Limony dans l'Ardèche, et les communes suivantes de la Loire : Chavanay, Malleval, Saint-Pierre-de-Boeuf, Saint-Michel, et Vérin. Les sols y sont plus légers qu'en Côte Rôtie.
Le cépage unique est le viognier, objet d'un engouement
peut-être un peu excessif ces dernières années : on l'a
planté un peu partout dans les Côtes du Rhône, le Midi, et
jusqu'en Californie dans la vallée de Napa.
Condrieu lui-même s'est agrandi très (trop ?)
rapidement : de 16 ha voici une dizaine d'années, il est en
passe d'atteindre les 80 ha. De nombreuses vignes sont encore
très jeunes et il faudra quelques années avant que le
Condrieu retrouve son niveau d'antan.
Deux procédés d'élevage :
Le Condrieu, racé et délicat, au bouquet de violette
ou d'acacia suave et pénétrant, est à boire jeune
(1 à 3 ans) car il vieillit mal, sèche et se madérise. A
bonne maturité, il peut présenter des saveurs de pêche et
d'amande.
Son prix (de l'ordre de 200F la bouteille) est toutefois un peu
dissuasif.
Adresses :
Enclavé dans le Condrieu, perché sur un coteau granitique abrupt, à la limite de Vérin et de Saint-Michel-sur-Rhône, c'est le monopole du Domaine de Château-Grillet : 3,8 ha produisant 100 hectolitres.
Issu du seul viognier, raisin de faible rendement, ce vin peut être considéré comme un super Condrieu, mais plus fin que ce dernier, il donne parfois la sensation rare d'être à la fois sec et moelleux, avec un arrière-goût épicé et persistant.
Il vieillit mal (à boire dans les deux ans) et voyage difficilement,
mais Curnonsky le considérait comme l'un des cinq plus grands blancs
français.
Peu nombreux sont les privilégiés qui peuvent en obtenir, à un
prix de l'ordre de 1.000F la bouteille, encore que les connaisseurs
estiment qu'il n'est plus, actuellement, tout à fait
à la hauteur de sa réputation.
Près de Valence, mais dans l'Ardèche, en arrière du mont du Crussol que couronnent les ruines d'une forteresse, Saint-Péray fait des blancs de marsanne et roussanne.
Un vin tranquille, sec, nerveux et fin, à la robe jaune paille, aux arômes floraux délicats.
Mais surtout un mousseux élaboré par seconde fermentation en bouteille, doré, plus plein que le Champagne, au goût d'acacia qui se manifeste lentement. C'est sans doute, après le Champagne, le meilleur effervescent français, produit à raison de 2.700 hl sur 58 ha.
Adresses :
Marquant l'extrémité septentrionale des terroirs de la vallée du Rhône, sur la rive droite à 7 kilomètres de Vienne, ce vignoble de 100 ha bénéficie d'un cadre superbe. Il occupe des coteaux abrupts, exposés au sud-est, sur lesquels il s'étage en terrasses caillouteuses retenues tant bien que mal par des murets, et dont il faut remonter des tonnes chaque année.
L'appellation est accordée à des parcelles de 3 communes : Ampuis, Tupin-Semons, Saint-Cyr.
La syrah est le cépage quasi-exclusif. Autrefois, on lui associait un peu de viognier pour obtenir un vin plus souple et équilibré, mais les progrès de l'oenologie permettent maintenant d'employer la seule syrah. La vigne est conduite de façon originale, où les ceps sont associés par paires.
Autrefois, on distinguait le Côte brune, vin de syrah corsé, très coloré; et le Côte blonde, plus souple, mélange de syrah et de viognier (20% maximum). Aujourd'hui, on mélange dans une même cuvée les vendanges de ces deux coteaux aux qualités complémentaires.
Le vignoble produit 4.500 hl d'un excellent vin qui mérite d'être attendu 5 à 10 ans, et est capable de vieillir 20 à 30 ans. Aussi somptueux que les meilleurs Châteauneuf-du-Pape mais plus distingué, il présente un nez intense de framboise et de cassis, avec des touches de violette. Bien structuré mais moins riche en alcool que sa couleur ne le laisse accroire, il accompagne volontiers des plats épicés tels que le gibier.
Adresses :
Autrefois, on écrivait Ermitage, et certains tiennent à conserver cette orthographe. En effet, le vignoble doit son nom à un ermitage bâti sous le règne de Blanche de Castille, par le Chevalier Gaspard de Stérimberg qui s'y retira pour faire pénitence après la croisade de 1224 contre les Cathares. L'ermitage était situé à proximité de la chapelle qui subsiste sur la colline Saint-Christophe. Après le Chevalier, d'autres ermites continuèrent à faire un vin qui devint fameux. Il lui arriva même d'être utilisé à Bordeaux, mélangé au vin local, et exporté sous le nom de Bordeaux Hermitage.
5.000 hl sur 125 ha de la rive gauche, dont 3.800 en rouge et 1.200 en blanc.
Le rouge est issu de syrah, mais peut contenir jusqu'à 15% de
marsanne et roussanne (des cépages blancs !). Dans sa
jeunesse, doté de l'amertume caractéristique de la syrah, il
présente des arômes de violette, de cassis, framboise et groseille
noire.
Il mûrit lentement et peut atteindre 30 ans, tout en gardant une
grande richesse et un magnifique velouté. Il présente alors un
bouquet pénétrant d'aubépines, une chaude saveur de
mûres qui parfume longuement la bouche, voire un léger fumet de
gibier.
Le blanc, à base de roussanne (bonne) et surtout de marsanne (productive), est sec, corsé mais fin. A boire jeune, mais les très grandes années peuvent vieillir 30 ans. Il a une belle robe d'or, un riche parfum de fleurs et de foins coupés, et un léger goût de miel. Il vieillit bien, et évolue alors vers un bouquet de fruits, d'amande, ou de café.
Adresses :
Pour plus d'informations sur les Hermitage blancs, et une analyse fine de leurs producteurs les plus renommés, voir "Tout (ou presque) sur l'Hermitage blanc...", par un grand amateur grand connaisseur.
L'appellation, née en 1952, qui cerne l'aire de
l'Hermitage au nord, à l'est, et au sud, vaut
pour une dizaine de communes de la rive gauche,
qui produisent 48.000 hl sur 1.000 ha. Les
terroirs sont variés, granitiques
au nord, caillouteux au sud, marnes blanches aux environs de Larnage,
sableux dans les "Chassis",
Ici, la vigne partage le terrain avec les pêchers, et donne des
vins aussi variés que les terroirs de l'appellation.
Issu de syrah, le rouge (43.000 hl), aux arômes d'aubépine sauvage et de framboise, avec parfois un léger goût de terroir, est plus léger que celui de l'Hermitage, et présente moins de couleur et de finesse. Il se conserve moins longtemps et se décolore avec le temps.
Le blanc (5.000 hl), de roussanne et marsanne, est moins corsé, moins
distingué, et moins parfumé que celui de
l'Hermitage. Pâle et léger, présentant une
odeur et une saveur de noisette, il est moelleux dans sa jeunesse, mais
devient sec en vieillissant.
A boire dans ses deux premières années.
Crus les plus réputés :
Adresses :
L'appellation, qui peut bénéficier à 26 communes de la rive droite, a un potentiel de 3.300 ha mais n'en exploite que 600 environ.
Les vins de Mauves, près de Tournon, étaient déjà réputés au Moyen-Age. Aujourd'hui, les meilleurs sites sont les collines Saint-Joseph à Tournon, et Sainte-Epine à Saint-Jean de Muzols.
Le rouge (20.000 hl), issu de la syrah, très corsé, fortement coloré, possède un bouquet fruité, à la fois léger et charnu, évoquant la framboise sauvage. Agréable (bien qu'un peu amer) dès sa prime jeunesse, son bouquet s'affine avec l'âge, et il n'atteint sa plénitude qu'après quelques années.
Saint-Joseph produit aussi 2.000 hl de blanc issu de marsanne, complétée par de la roussanne, assez semblable au Crozes-Hermitage blanc.
Adresses :
En celte, "cornas" signifie "terre brûlée".
Sur la rive droite du Rhône, presqu'en face de Valence, le terroir de Cornas, le plus précoce des rhodaniens du nord, marque les derniers contreforts des Cévennes. Il repose sur des sols acides constitués de sables grossiers appelés arènes granitiques. Ses 53 ha donnent 2.500 hl exclusivement rouges, qui rappelent l'Hermitage, sans toutefois en avoir toute la noblesse et le bouquet.
Le Cornas, tannique, est un peu amer et sévère dans sa jeunesse. Il convient de l'attendre au moins 3 à 5 ans, et il se conserve une quinzaine d'années. Ce bon vin peut accompagner des mets élaborés, en particulier le gibier à poil.
Parmi les bons crus fiables de Cornas :
Adresses :