Ravagée par le phylloxéra à la fin du 19e siècle,
Madère a été replantée en hybrides plus résistants
mais nettement moins bons. De nos jours, l'encépagement est dû
très majoritairement au tinta negra mole, raisin noir qui donne un vin
très ordinaire, à réserver pour la cuisine.
Particularité : traditionnellement, le raisin est foulé
puis pressé sur le lieu de la vendange. Le moût est alors
amené aux chais des négociants, à Funchal, où il
est d'abord traité comme n'importe quel autre vin. La fermentation
produit le vinho claro. C'est alors que le traitement va différer
selon le type.
Tous vont être fortifiés à l'eau-de-vie et subir un long
séjour en "estufa" (étuve), où ils vont être amenés
progressivement à une température voisine de 45°C, ce qui
produit le vieillissement accéléré caractérisant
le Madère. Mais les vins secs sont d'abord chauffés
puis fortifiés, alors que les vins doux sont fortifiés puis chauffés.
Dans tous les cas, il s'agit d'un traitement dur, destiné à obtenir
le même effet que celui que produisait autrefois les longs voyages en
bateau. Pour s'en remettre, le vin a besoin de 18 mois de repos.
Après ce repos bien mérité, on le mélange à
celui des années précédentes, selon un système de
"soleras" évoquant celui pratiqué à Jerez. Un nouveau
repos est nécessaire pour que le mariage des diverses années soit
consommé.
Mais nous nous intéressons ici aux bons Madère, issus
des cépages traditionnels qui reviennent lentement. Ceux-ci ne sont pas
assujetis à l'épreuve de l'estufa, mais sont élevés
sur lattes, où ils se gorgent de chaleur solaire. Le vin issu de cette
lente maturation est exceptionnellement résistant aux outrages du temps.
Il existe 4 types de Madère, selon les cépages.
Lecture de l'étiquette :
Les Réserve ont 5 ans d'âge.
Les "Réserve Spéciale" : 10 ans.
Les "Extra" (Réserve Exceptionnelle) : 15 ans.
Un Extra millésimé passe une vingtaine d'années
en barriques, puis 2 en bouteille avant d'être commercialisé.
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