Pierre Lotigie-Laurent
Grâce aux Phocéens, qui débarquèrent ici au 6e siècle avant
Jésus-Christ, cette région peut prétendre au titre de berceau de la
viticulture française.
En moins d'un siècle, la vigne se répandit de
Marseille à Narbonne et au-delà.
Au 2e siècle avant Jésus-Christ, ses
vins étaient vendus sous le nom de "vins de Béziers", centre de la
fabrication des fûts servant à leur transport.
A partir de 123 avant Jésus-Christ, les Romains s'installent dans
la région et interdisent la culture de la vigne, les vins de Béziers
concurrençant par trop leurs propres vins.
A la fin du premier siècle avant Jésus-Christ, ils permettent à
nouveau l'implantation de vignes, et celles-ci se développent rapidement
autour de Narbonne, sur les coteaux de Quatourze.
Tant et si bien qu'à la fin du 1er siècle de notre ère, le
vignoble romain subit une grave crise de mévente, due en grande
partie à la concurrence narbonnaise.
Aujourd'hui, ce vignoble occupe 320.000 hectares des Pyrénées Orientales, de l'Aude, de l'Hérault, et du Gard, soit le tiers de la surface totale du vignoble français. Mais, sur les 25 millions d'hectolitres produits, 3,2 seulement sont classés en AOC, dont 0,7 sont des VDN.
La région souffre de l'image de production de masse qui lui est associée. Mais s'il est vrai qu'elle fut autrefois grande productrice de vins ordinaires ou destinés à la distillation, elle a fait -ces 20 dernières années- de très gros efforts de qualité, et les amateurs feraient bien de la considérer sans préjugé.
L'extrême diversité des sols, alliée à l'emploi de nombreux cépages, permet l'élaboration d'une vaste gamme de vins. La seule unité, toute relative, est due au climat méditerranéen; dans l'ensemble, il s'agit de la région viticole la plus chaude de France, après la Corse; les pluies, rares mais torrentielles, sont dévastatrices.
De nombreux cépages peuvent donner ici le meilleur d'eux-mêmes, et leur assemblage judicieux fournit des vins riches et équilibrés :
Les vins AOC du Languedoc-Roussillon concernent essentiellement du rouge, plus 80.000 hl de mousseux et 55.000 de vin blanc tranquille, le tout sous 27 appellations.
En ce qui concerne les rouges, à côté des VDN, la région fait deux types de vinss :
| Année | Qualité et garde |
|---|---|
| 1987 | Petite année. Les vins devraient être bus depuis longtemps. |
| 1988 | Excellent millésime, de bonne garde. Devrait être bu. |
| 1989 | Très bonne année, de très bonne garde. En particulier les VDN. |
| 1990 | Très bonne année, mais à boire sans tarder. |
| 1991 | Encore une très bonne année, de bonne garde. Surtout en Roussillon. |
| 1992 | Petite année, à boire jeune. |
| 1993 | Bonne année en général, très bonne pour le grenache (excellents Banyuls). Bonne garde pour les rouges. |
| 1994 | Excellents Collioure, très bons rouges du littoral languedocien. Fitou est meilleur qu'en 93. Tout le reste est mieux qu'en 92, mais d'un niveau moyen, et la garde est à l'avenant. |