La planète-vin / Le vin et vous[ Bas de la page | Page précédente | Page suivante | Table des matières ]
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Le vin à tableAccoupler, occupation toujours divertissante, devient un véritable plaisir quand il s'agit de marier les aliments et le vin. (Alexis Lichine).Certains conseilleurs ont tendance à se montrer tyranniques sur ce sujet. N'écoutez pas les voix qui prétendent que seul le Sauternes peut valablement accompagner le foie gras; ou que la seule boisson correcte avec les huîtres est le Champagne. En général, un vaste choix de vins s'offre pour accompagner la nourriture. Cependant, pour votre satisfaction, quelques règles consacrées par des siècles d'expérience méritent d'être respectées. Elles concernent :
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Ordre des vins au cours du repasIl s'agit ici de règles que l'on pourrait qualifier d'"étiquette" au sens protocolaire. Eviter les mélanges : sauf repas exceptionnel (et exceptionnellement long), ne pas servir plus de trois vins par repas; les palais les plus entraînés se saturent. L'expérience a amplement démontré qu'il est plus judicieux de boire :
Par ailleurs, les vins doux devraient -comme les mets sucrés- n'être servis qu'à la fin du repas. En effet, on sait depuis Brillat-Savarin (La physiologie du goût, 1826) que le goût de sucré agit sur la langue comme un signal de satiété. Au début du repas, ce signal provoquerait une baisse prématurée de l'appétit; alors qu'à la fin du repas, ce même signal est perçu comme un événement normal venant à point pour susciter une impression de satisfaction. Aussi, même s'il est avéré que le Sauternes se marie bien avec le foie gras, on trouvera peut-être plus judicieux de l'accompagner par un vin moins liquoreux (un Gewurztraminer, un Coteaux-du-Layon à la douceur équilibrée par une bonne touche d'acidité, conviennent parfaitement), et de garder les liquoreux pour le dessert. |
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Principes générauxLe respect des règles d'étiquette énoncées ci-dessus permet d'éviter les erreurs les plus grossières. Mais il en est des accords comme des mariages : certains couples divorcent; certains n'ont pas grand'chose à se dire; beaucoup vivent une entente relativement cordiale; les grandes passions sont rares. Dans un accord idéal, le vin et le mets se mettent en valeur mutuellement, et leur association vaut alors beaucoup mieux que chacun pris isolément. Pour avoir une quelconque chance d'obtenir un bon accord, il convient de suivre les principes suivants :
Cela étant, nombre de petits vins délicieux dans leur région natale perdent beaucoup d'intérêt quand ils s'en éloignent. Tel rosé qui -bu frappé sous le soleil de la Côte d'Azur- était savoureux et rafraîchissant, se révèle mou et informe à Paris deux mois plus tard. Non, il ne s'est pas dégradé : le contexte a changé. Plus généralement, il faut aux vins légers beaucoup de caractère pour résister à l'expatriation; même un Grand Cru Classé du Médoc qui remplit toutes ses promesses au cours d'une réception parisienne, pourrait bien décevoir sous une chaleur tropicale avec une cuisine un peu épicée. L'accord des mets et des vins a inspiré de nombreux auteurs, mais peu ont été assez honnêtes pour reconnaître que le sujet n'est pas toujours évident. On trouve aussi souvent des conseils manifestement inspirés par un souci d'originalité. Pour notre part, nous resterons résolument classiques, afin que la majorité des lecteurs s'y retrouvent. Cependant, il convient de garder à l'esprit ce fait tout simple : en dernier ressort, il vous appartient de trouver les bons accords. Qu'est-ce qu'un bon accord ? C'est un accord que vous trouvez agréable : les goûts varient d'un pays à l'autre, et d'une personne à l'autre. |
Mets posant problème
Mets réfractaires à tous les vinsIls ne sont pas nombreux; en voici la liste :
Une seule chose à faire dans ce cas : boire de l'eau...
Mets rebelles aux vins blancsIl n'y a guère de mets incompatibles avec tous les vins blancs;
tel mets qui ne va pas avec un blanc doux se mariera avec un blanc sec
ou corsé. Ce n'est pas tant la couleur du vin qui est en cause,
que son caractère plus ou moins doux.
Mets rebelles aux vins rougesIci encore, trop de douceur pourrait nuire, mais les rouges doux sont rares (on les trouve surtout en Italie). Dans la pratique, les mésententes viennent des mets qui n'aiment pas le tanin :
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ApéritifC'est là que le repas commence... Champagne brut ou sec, Vins Doux Naturels blancs (pas trop doux), Xérès, sont de grands classiques. Eviter les boissons anisées, et veiller à ne pas offrir une boisson qui ne ferait pas bon ménage avec l'entrée. Ne pas offrir un liquoreux si l'entrée doit être accompagnée d'un blanc sec. |
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Potages et soupesTout dépend de la saveur dominante : oignons, légumes, poissons, etc. Voir les paragraphes correspondants. Autre dimension de l'accord : la force de la soupe. Exemples :
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OeufsLa différence de goût et de texture entre le blanc et le jaune, manifeste dans les oeufs sur le plat, rend l'accord problématique. Une solution consiste à faire une préparation au vin, et à servir ce même vin.
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Hors d'oeuvre et entréesLa présence fréquente d'oignons, de vinaigre, de citron,
rend l'accord difficile (voir "Mets posant
problème"); on est tenté de servir un vin assez puissant,
mais cela compliquerait la suite du service. Dans de tels cas, s'il
faut servir un vin, essayer un rosé fruité ou un blanc
nerveux. Suggestions pour quelques entrées :
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CharcuteriesLes charcuteries sont souvent grasses, et parfois fumées. Le gras peut être équilibré par des blancs secs (Muscadet, Sylvaner, Bourgogne Aligoté, etc.); le fumé s'entend mieux avec des rouges peu tanniques de corps moyen. Il y a donc là matière à expérimentation, en particulier avec les vins originaires de la même région que la charcuterie. Beaujolais, Bardolino, Valpolicella, Navarre, ou encore un jeune Cabernet sauvignon du Chili, fournissent souvent de bons accords. Les pâtés, terrines, aspics, et ballottines, méritent des vins à forte personnalité. Quelques suggestions :
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Fruits de merLes saveurs marines -parfois iodées- des fruits de mer ne s'accordent pas avec tous les vins; par contre, elles se marient parfaitement avec certains vins; voilà donc un cas qui mérite particulièrement notre attention. En général, les blancs secs ou très secs conviennent, mais certaines préparations de crustacés, à la chair délicate et légèrement sucrée, justifient de grands blancs ou rosés. Suggestions :
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Poissons de merLe choix du vin dépend beaucoup de la préparation, mais en général on pourra choisir un blanc de caractère.
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Poissons de rivièreLa chair délicate des poissons de rivière appelle des blancs plutôt secs, peu dominateurs, à moins que la préparation n'aboutisse à un plat relevé; dans ce cas, plutôt que le poisson lui-même, c'est la préparation qui commandera, comme pour les poissons de mer. Le vin sera d'autant plus riche que la préparation fait davantage appel à la crème. Suggestions :
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ViandesRègle : accorder le vin en fonction de la qualité de la viande.
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Volailles
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GibierGibier à plumes : un rouge corsé; Certains gibiers d'élevage, comme les cailles, sont à traiter comme des volailles. Suggestions :
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LapinLe lapin européen (l'américain est une autre histoire), ni gibier ni tout à fait volaille (quoi que l'on en dise) mérite une place à part. Il s'accorde avec tant de vins que l'on peut se permettre d'affiner en fonction de la préparation :
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LégumesIl n'y a pas vraiment accord entre légumes et vin; tout au plus peut-on essayer de les faire coexister.
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Champignons
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Plats complets
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FromagesRègles générales :
Selon le type de fromage :
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DessertsPour que le sucre du dessert n'efface pas le caractère du vin, celui-ci doit surenchérir par la douceur; plus le dessert est sucré, plus le vin doit être doux, voire liquoreux. Les desserts dont le caractère dominant n'est pas le sucre (par exemple le chocolat) posent des problèmes particuliers. Le Tokay exalte la saveur des entremets et gâteaux parfumés au café ou à la vanille. Suggestions :
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Gâteaux, biscuits
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