La planète-vin / Champagne
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La Champagne connaît 2 grands types d'activités :
- Les 15.000 vignerons possèdent environ 85% du vignoble, mais deux
tiers d'entre eux
environ sont uniquement viticulteurs. Dans la région, le terme
consacré est "producteurs de raisins, vendeurs au kilog". Ils
concèdent environ 43% de la récolte au négoce.
- Le négoce, représenté par 110 Maisons et 150 coopératives, ne
possède que 15% des vignobles mais assure 70% de la production, et
92% des exportations.
Chaque marque possède son goût propre, dont elle garde jalousement
le secret.
Les vignerons sont regroupés au sein du Syndicat Général des
Vignerons. En outre, un organisme semi-public, le CIVC (Comité
Interprofessionnel du Vin de Champagne), regroupe vignerons et
négociants. Le CIVC a pour misson d'organiser, de
contrôler et d'orienter la production et la commercialisation du vin.
Jusqu'en 1990, l'Echelle des Crus déterminait le prix du
raisin. Cette échelle, correspondant à une hiérarchie convenue des
communes, permettait grâce à une cotation -de 80 à 100-
de fixer le prix du kilog de raisin. Les communes étaient cotées
en fonction de leur terroir et de leur exposition.
41 communes, toutes dans la Marne, étaient
classées "Premier Cru" (cotées de 90 à 99%)
Les communes classées "Grand Cru" (cotées 100%), au nombre de 17,
étaient : Ambonnay, Avize, Ay, Beaumont/Vesle, Bouzy, Chouilly,
Cramant, Louvois, Mailly-Champagne, Le Mesnil/Oger, Oger, Oiry,
Puisieulx, Sillery, Tours/Marne, Verzenay, et Verzy.
En 1990, le contrat régissant depuis 3 décennies le marché du raisin
fut dénoncé : le prix était devenu politique et non commercial. Les
Maisons devaient acheter beaucoup trop de vin et même du vin sur lattes,
anonyme. Désormais, chaque Maison est maîtresse de son
approvisionnement et de la qualité de son vin. Elle peut acheter les
quantités qu'elle veut en raisin ou en vin.
Les vignerons ont accepté une importante série de mesures
visant à élever la qualité minimum du Champagne.
Les nouvelles dispositions, qui reprennent les thèmes développés lors de
la mise en oeuvre de la Charte de Qualité par le CIVC en 1987,
montrent que le monde champenois s'est engagé dans un processus continu
d'amélioration qualitative :
- Les rendements sont réduits à nouveau. Il faut désormais 160 kg
de raisins (au lieu de 150) pour produire 100 litres de moût. Cela
implique l'élimination de la célèbre seconde taille : l'extraction du
jus encore dans les grappes est laissée à la distillerie. Cette mesure
se traduit par une diminution de 7% de la production. Mais surtout,
l'élimination de la seconde taille supprime la possibilité pour une
poignée de Maisons peu scrupuleuses d'offrir du "Champagne"
incroyablement bon marché, uniquement produit à partir de ces moûts
inférieurs, vendu à la moitié du prix des jus de qualité standard.
- Le CIVC avait déjà fait en sorte que le Champagne ne
puisse être mis en vente avant le premier Noël suivant sa
vinification. Désormais, le temps minimum de bouteille est porté à 15
mois.
- Le rendement maximum, précédemment de 70 hl/ha, est ramené à 65
hl/ha.
- La Charte prévoit ausi une amélioration des pressoirs, pour
travailler plus en douceur.
- Le CIVC prône l'adoption d'une date de début des vendanges distincte
pour chaque commune. Jusqu'à une date récente, le ban s'appliquait à
l'ensemble de la région.
Par contre, certaines mesures antérieures se sont avérées négatives,
telle la prime de noblesse accordée au chardonnay et au pinot noir, au
détriment du pinot meunier, cépage pourtant utilisé par des Maisons
soucieuses de qualité, comme Krug et Roederer.
En Champagne, la seule distinction qualitative reste l'échelle des
crus, mais certaines Maisons pratiquent des politiques personnelles.
Bollinger préconise le contrôle des achats, et l'interdiction des
achats sur lattes. Le vin doit être fermenté en petites cuves de 200 à
400 hl. Il doit reposer au moins 3 ans et n'être mis sur le marché
qu'au moins 3 mois après son dégorgement.
De Venoge garantit qu'il emploie au moins 1/5 de vins de réserve,
que ses vins ont vieilli en bouteille au moins 24 mois, au moins 4 mois
après le dégorgement.
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En abrégé
Pierre Lotigie-Laurent