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Qu'est-ce qu'une levure ?
Les levures sont des champignons microscopiques unicellulaires (cellules rondes ou ovales) qui
interviennent dans les différents processus de fermentation. On les trouve dans la nature, le sol et
sur les plantes (pour le raisin par exemple, les levures sont sur la peau et donc un jus de raisin avec
peau n'a pas besoin d'apport extérieur pour fermenter).
La véritable levure de boulangerie ou levure de bière est
une levure naturelle qui appartient à l'espèce Saccharomyces cerevisiae
constituée de cellules vivantes entraînant une
réaction chimique (d'où confusion avec la notion de
produit chimique). Cette levure sert depuis des millénaires
à la fabrication du pain et plusieurs de ses souches sont
également utilisées pour la fermentation du vin et de la
bière. Les levures,
micro-organismes non pathogènes, créent un milieu riche
en protéines et en vitamines, principalement celles du
groupe B qui sont utilisées en pharmacie et en chimie. De
plus, grâce au génie génétique, certains
médicaments sont désormais produits par des levures
manipulées. Au service de l'industrie agroalimentaire, les
extraits de levures et les levures autolysées sont
utilisés pour leurs remarquables qualités gustatives et
exhaustrices de goût. Outre son intérêt industriel, Saccharomyces cerevisiae est un formidable
modèle pour les scientifiques : aussi facilement manipulable
qu'une bactérie, la levure est un modèle simplifié
des cellules qui composent l'être humain. Il existe environ 1000
espèces de levures connues mais les scientifiques
considèrent que cela représente environ 10% de la
totalité des espèces.
Il existe aussi des levures non naturelles dites "levures chimiques" ou
poudres à lever, constituées de sels minéraux et
de bicarbonate et qui produisent un dégagement de gaz carbonique
soit par simple décomposition à la chaleur soit par une
réaction chimique au contact de l'humidité et de la
chaleur. Ces levures n'ont aucune valeur nutritive.
Qu'est-ce qu'une bactérie ?
Les bactéries sont des micro-organismes vivants unicellulaires,
caractérisés par une absence de noyau et un chromosome
unique (cellule sphérique, cylindrique ou spiralée) qui
interviennent dans les différents processus de fermentation et
pour synthétiser des médicaments comme l'insuline.
Les bactéries seraient les plus anciens organismes vivants sur la terre, et aussi les plus abondants.
Elles sont présentes dans le sol, dans l'eau, dans l'air et comme parasites des autres organismes
vivants.
La bactériologie, science qui étudie les
bactéries, a été fondée par Louis Pasteur
qui le premier a apporté la preuve de l'existence de ces germes
comme étant source de nombreuses maladies infectieuses telles
que le tétanos, la syphilis, le choléra ou la tuberculose.
Quelques espèces de bactéries seulement sont
pathogènes et se traitent par des antibiotiques. Mais les
bactéries ne sont pas uniquement de méchants
microbes : certaines se cachent dans notre alimentation et peuvent
être bénéfiques pour notre tube digestif. Dans un
organisme sain, le tube digestif est colonisé par environ
100 000 milliards de bactéries appartenant à
400 espèces différentes. De 30
à 40 espèces de ces bactéries
représentent 99 % de la flore qui forme un
écosystème stable essentiel au maintien d'une bonne
santé. Une infection, une maladie ou une déficience du
système immunitaire peuvent déséquilibrer cet
écosystème.
Un peu d'Histoire
La levure de bière est connue depuis la plus haute
Antiquité. Les Babyloniens, les Égyptiens et les Celtes,
qui l'utilisaient pour la préparation de boissons
alcoolisées, s'en servaient également pour son action
bénéfique sur la peau et le teint. Les
archéologues rapportent que les Babyloniens honoraient Nidaba,
la déesse de la bière et de la levure, pour ses pouvoirs
de guérison. Plus tard, Pline, le grand naturaliste romain,
raconte que vers 370 avant J.-C., Hippocrate, le célèbre
médecin grec, avait découvert l'action diurétique
de la levure de bière et la conseillait comme remède. Au
Moyen-Âge, les moines qui soignaient les lépreux
absorbaient de la levure de bière afin de ne pas être
contaminés à leur tour. On l'utilisait également
pour guérir les gens atteints de rougeole et de scarlatine.
Les premiers travaux
scientifiques applicables aux levures bénéficient de
l'invention du microscope par le hollandais Antonie van Leeuwenhoek en
1677. À partir de 1789, Lavoisier consacre une part importante
de ses travaux à la nature des fermentations. En 1810,
Gay-Lussac définit l'équation chimique globale de la
réaction. En 1836, Cagniard-La Tour, Schwann et Kützing
publient séparément leurs observations microscopiques et
concluent que la levure est un organisme vivant qui se reproduit par
bourgeonnement. Mais ce n'est qu'en 1837, que le chercheur Meyen
découvre que la levure de bière, responsable de la
fermentation, est constituée de petits organismes vivants
unicellulaires qui se reproduisent par bourgeonnement. Il leur donne
alors le nom de Saccharomyces cerevisiæ. Cependant, les bases
scientifiques qui permirent leur culture et leur utilisation en grandes quantités furent l'oeuvre d'un
microbiologiste français, Louis Pasteur.
À partir de 1857, Pasteur étudie les fermentations
acétique, alcoolique, butyrique et lactique. Il démontre
qu'il s'agit de processus non seulement chimiques mais biologiques en
isolant et cultivant les bactéries ou les levures responsables
de ces phénomènes. En 1866, il publie « Etudes
sur le vin, ses maladies, les causes qui les provoquent,
procédés nouveaux pour le conserver et le
vieillir » qui explique les mécanismes biologiques et
biochimiques de la fermentation alcoolique et le rôle des levures
dans ce processus. Le développement
de la chimie permet un accroissement des connaissances
œnologiques. Les recherches actuelles portent sur
l'amélioration des techniques de fermentation, la
sélection de souches microbiennes à fort potentiel
industriel et la découverte et l'exploitation de nouvelles voies
biochimiques.
Les différents processus de fermentation
Le terme fermentation est dérivé du mot latin fervere,
qui signifie bouillir. En effet, l'observation d'un liquide en
fermentation montre un dégagement important de gaz provoquant de
la mousse, de l'écume et l'aspect d'un liquide en
ébullition. C'est en réalité, l'action de
transformation de substances végétales ou animales sous
l'action de micro-organismes ou plus exactement des enzymes qu'ils
contiennent.
Il existe plusieurs fermentations qui trouvent des applications industrielles diverses :
- Pâtes levées et pain
- Yaourts et fromages
- Boissons alcoolisées
- Vinaigre
- Probiotiques en santé humaine
- Probiotiques et agents d'ensilage en nutrition animale
- Éthanol-carburant
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La fabrication de pâtes levées et de pain.
Le pain est fabriqué à partir de farine, de levure ou
levain, de sel et d'eau. C'est l'activité chimique des levures
qui provoque le dégagement de bulles de gaz carbonique et fait
lever la pâte à pain. Le levain est une pâte en
fermentation à réaction acide qui provient de la
fermentation spontanée d'un mélange de farine et d'eau.
Il contient une microflore acidifiante constituée
essentiellement de bactéries lactiques (Streptococcus, Lactobacillus, Bacillus) et de levures (Saccharomyces
cerevisiae). Les bactéries lactiques acidifient le pain, mais ne le font guère lever. Ce sont les
levures qui produisent le gaz carbonique responsable de la levée de la pâte.
Un pain sans levure est dit pain azyme, composé exclusivement de farines de froment et d'eau.
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La fabrication de yaourts et de fromages.
Le yaourt est une préparation de lait (vache, chèvre,
brebis, jument, ânesse, chamelle ou bufflonne) non
égoutté et fermenté. Deux bactéries
lactiques (Streptococcus thermophilus et
Lactobacillus bulgaricus) sont ajoutées pour la fermentation : ces bactéries transforment le
lactose en acide lactique. Cette fermentation du lait conduit à la formation des fromages et des
yaourts.
Les préparations laitières faites sur le même
principe mais avec d'autres bactéries (Bacillus Bifidus...)
n'ont pas en France le droit d'être appelés
« yaourt ». En juillet 2003, le Codex
Alimentarius (code de référence alimentaire
international) a adopté une norme précisant les
caractéristiques techniques essentielles de fabrication des
yaourts et laits fermentés ainsi que les règles de
dénomination et d'étiquetage.
La dénomination "yaourt" repose sur "la présence de
ferments actifs vivants, dans le produit fini, dont les
effets-santé sont reconnus scientifiquement".
Les premiers yaourts résultent probablement d'une fermentation
spontanée, peut-être au contact de bactéries
sauvages résidant à l'intérieur des sacs de peau
de chèvre utilisés pour le transport du lait. Il existe
des preuves de l'existence de produits laitiers fermentés dans
un but alimentaire depuis au moins le IIIème millénaire
avant J.C. En France, le yaourt fait sa première apparition
grâce à François Ier. En effet, celui-ci souffrant
de problèmes digestifs, fait appel au sultan de Turquie qui lui
envoie d'Istanbul un médecin qui le guérit en le
soumettant à une cure de yaourt au lait de chèvre. Le yaourt a une valeur
nutritionnelle remarquable : l'apport en protéines,
calcium, phosphore, et riboflavine représente plus de 25 % des
besoins journaliers (teneur en protéines et en calcium plus
importante que du lait normal). Le fromage est
un aliment moulé, obtenu à partir de la coagulation du
lait suivie ou non de fermentation. Une présure naturelle peut
être ajoutée afin d'aider le caillement du lait. Ce lait
caillé est ensuite versé dans des moules individuels pour
lui donner une forme, puis amené au saloir où le sel est
saupoudré sur toutes les surfaces du fromage, suivi de
l'addition de bactéries. Vient ensuite l'affinage qui dure
plusieurs jours. Les
variétés de fromage diffèrent en fonction des
nombreux procédés de fabrication. Les différences
de quantité d'eau, de matières grasses et de sel donnent
un goût et une fermeté propres à chacun des
fromages. La durée et la température de l'entreposage,
ainsi que le type de bactéries employées influent
également sur la saveur et l'apparence : Penicillium camemberti, P. candidum,
P. roqueforti, Propionibacterium shermanii (qui provoque les trous dans les fromages de
type suisse).
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La fabrication de boissons alcoolisées
La fermentation alcoolique sous l'effet des levures transforme le glucose en éthanol et en dioxyde de
carbone.
La fabrication de l'alcool est un processus complexe qui fait souvent intervenir plusieurs
micro-organismes. Citons le saké qui est fait en partie à l'aide d'Aspergillus ou la bière en
Afrique à l'aide de Schizosaccharomyces pombe. La levure Saccharomyces cerevisiae reste
cependant la principale espèce utilisée car elle sert pour fabriquer les deux boissons les plus
consommées : le vin et la bière.
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Le vin
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La fermentation alcoolique
Pour le vin, des grappes de raisin rouge ou blanc sont
écrasées pour casser la peau et récupérer
le jus. Mais en réalité, le pur jus de raisin est peu
aromatique. Les arômes sont cachés dans la pellicule du
raisin. Pour le vin rouge, la fermentation se produit en
présence de la peau et des pépins qui contiennent les
tannins alors que pour le vin blanc, seul le jus est fermenté. La fermentation
alcoolique se produit dans des tonneaux ouverts ou des fermenteurs
contrôlés. Sont présentes dans le moût
différentes espèces comme Saccharomyces cerevisiae
(levures de vinification) et Brettanomyces, Dekkera, Kloeckera, Hanseniaspora
(levures d'altération ou de contamination).
Les levures transforment le sucre en alcool et libèrent une
grande variété de produits secondaires, grâce aux
enzymes qui participent aux réactions chimiques. Ces
différentes substances complètent les senteurs initiales
du fruit par des arômes secondaires, lesquels dépendent de
la nature de la levure, de la température de fermentation et des
aliments de la levure. Autrefois aucune levure
n'était ajoutée (on soupçonne donc que la
fabrication du vin est la première utilisation de la levure car
le processus ne nécessite pas d'ajout de levure exogène,
contrairement à la fabrication du pain et de la bière). Saccharomyces
cerevisae
est présente en faible quantité sur le raisin (pas plus
de 10% de la population levurienne) mais quelques jours après la
fermentation, elle devient l'espèce prédominante (90%).
Ce sont les conditions du milieu qui engendrent cette
sélection : l'anaérobie, le sucre et le SO2 favorisent les différentes souches de Saccharomyces
cerevisae
au détriment des autres levures moins résistantes et
moins adaptées. Cependant, les risques de développement
d'une autre levure, de genre ou d'espèce différentes
résident. C'est le cas des Brettamomyces qui produisent de mauvais arômes tels que le fameux
"goût de souris".
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La fermentation malolactique
Après la phase de fermentation alcoolique, le vin est
transféré dans des tonneaux pour le vieillissement. Il
présente en général un taux d'acidité qui
le rend acerbe et dur à la dégustation. Cette
acidité est le fait de deux principaux acides provenant du
raisin, l'acide tartrique et l'acide malique. La dégradation de
ce dernier par les bactéries lactiques contenues dans le vin
correspond à la fermentation malolactique.
Jusqu'à 10 espèces de bactéries différentes
ont été identifiées dans les moûts et la
plupart de ces micro-organismes sont considérés comme
contaminants des bactéries lactiques (Oenococcus oeni, Leuconostoc mesenteroides, Lactobacillus plantarum, Lactobacillus casei,
Lactobacillus brevis, Pediococcus damnosus, Pediococcus pentosaceus) et des bactéries
acétiques (Gluconobacter oxydans, Acetobacter aceti, Acetobacter pasteurianus).
Mais après une sélection naturelle qui a lieu au cours de la fermentation alcoolique,
l'espèce dominante devient Œnococcus œni assurant la fermentation malolactique qui
permet d'assouplir les vins et contribue à la stabilisation microbiologique du
vin. La fermentation malolactique se produit souvent spontanément à la suite
de la fermentation alcoolique. Mais son déclenchement est parfois
problématique. Il nécessite la multiplication des bactéries naturellement
présentes dans le moût, pour atteindre une population de l’ordre de
1 million de cellules par millilitre. Or comme beaucoup de bactéries, Oenococcus oeni est sensible aux
attaques de virus bactériophages qui peuvent provoquer certains retards ou
arrêts dans le déroulement de la FML..
En France, le vinificateur dispose aujourd'hui d'une vingtaine de souches Œnoccocus
œni sélectionnées, mais en réalité l'utilisation de ferments lactiques reste très
marginale. L’utilisation de levains sélectionnés (préparations
d’Oenococcus oeni) permet cependant
d'apporter dans le vin une population importante de bactéries en mesure de
réaliser la FML. Cette opération permet de limiter le temps de latence et de
s’affranchir des difficultés de développement de la population de bactéries
lactiques. Des progrès importants ont été réalisés ces dernières années pour
ces préparations : elles nécessitaient auparavant des étapes longues et
délicates de réactivation. Aujourd’hui on trouve des préparations à
ensemencement direct, qui rendent beaucoup plus simple la mise en œuvre de
cette technique.
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Recherches scientifiques
Des groupes de scientifiques en recherche œnologique se sont
attachés à mieux comprendre les phénomènes
mis en œuvre lors des fermentations, les aspects nutritifs de la
levure, les compétitions existantes entre les différentes
espèces de micro-organismes présentes dans les
moûts ou encore l'influence de certains paramètres
physico-chimiques, comme par exemple, le pH, l'alcool, la
température. Ils travaillent sur des levures naturelles
sélectionnées sur des terroirs de production de vin et
produites de façon industrielle afin de les mettre à
disposition des vinificateurs. Dans ces cas là, le
« levurage » (c'est-à-dire l'ajout par
l'homme de levures "sélectionnées" dites exogènes)
avec une souche adéquate peut permettre de résoudre les
problèmes de fermentation tout en améliorant la
qualité des vins. Car la levure en plus de son rôle dans
la fermentation, est aussi utilisée pour révéler
les arômes et stabiliser la couleur. L'argument principal contre
le « levurage » est la standardisation des
vins : certains prétendent qu'une bonne partie des vins
actuellement produits dans le monde sont obtenus à partir de
techniques agronomiques et œnologiques qui tuent l'empreinte du
cépage, l'incidence du terroir et la personnalité du
producteur en développant des parfums
« artificiels » et en privant le vin d'une
complexité qu'il aurait pu acquérir en fermentant avec
des levures indigènes naturellement présentes dans le
vignoble et dans la cave.
Dans beaucoup de cas, la fermentation alcoolique conduite avec la flore
indigène donne de bons résultats, mais dans d'autres cas
la flore indigène mal maîtrisée provoque des
anomalies telles que formation de SO2 et
acidité volatile, apparition de mauvais goûts ou encore
arrêt de fermentation. En effet, chaque année une fraction
des moûts vinifiés de par le monde ne termine pas la
fermentation dans les conditions souhaitées. Le volume de vins
non terminés ou tachés par des notes acétiques ou
soufrés représente une perte financière pour la
filière vitivinicole. En
conclusion, il n'y a pas d'un côté des bonnes levures
indigènes naturelles qui font des bons vins naturels, et de
l'autre des mauvaises levures exogènes chimiques qui font des
mauvais vins « chimiques ». Les défauts
organoleptiques graves qui sont parfois liés à une
vinification insuffisamment maîtrisée sont infiniment plus
dévastateurs sur l'expression du terroir que ne peut
l'être une sélection des levures. Il ne faut pas oublier
que jadis, un grand nombre de viticulteurs faisaient une piquette
dangereuse pour la santé. La loi du 1er août 1905 qui dit que
« Le vin est le produit résultant exclusivement de la
fermentation du raisin frais ou du jus de raisin frais » a
été complétée par un décret en 1921
qui autorise et interdit un certain nombre de traitements ; ces
derniers font l'objet de contrôles analytiques particuliers. La
maîtrise de la vinification et le contrôle des appellations
provoquent la disparition de beaucoup de « mauvais
vins ». Jamais le vin n'a été moins nocif pour
la santé que de nos jours.
Par ailleurs, il n'existe pas une souche de levure industrielle qui
serait utilisée par tous les viticulteurs et produirait le
même vin partout : environ 150 souches différentes sont
aujourd'hui disponibles à la vente, ce qui, marié
à la variabilité de la vendange laisse place à une
jolie quantité de combinaisons aromatiques. De plus, les
scientifiques travaillent sur l'utilisation d'autres espèces de
levures comme Torulaspora
delbrueckii et Candida stellata, qui sont toutes deux présentes initialement dans
le moût mais qui ne se développent pas bien contrairement à Saccharomyces cerevisae.
Cependant, ces espèces pourraient s'avérer
intéressantes car leur biomasse faible entraîne une
augmentation des esters et limite la formation d'acidité
volatile.
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Autres alcools
Pour la bière, il existe deux types de fermentation : la
fermentation haute, qui utilise des levures de type Saccharomyces cerevisiae
et qui donne des bières de type ale au goût fruité,
et la fermentation basse qui utilise des levures de type Saccharomyces uvarum et qui donne des
bières de type lager souvent moins fruitées et moins
alcoolisées mais qui se conservent mieux. Les bières de
fermentation basse doivent fermenter plus longtemps et à des
températures plus basses que les bières de fermentation
haute.
Le même protocole que la fermentation du vin est appliqué pour la fabrication du cidre à partir de pommes ou le poiré à partir de poires. Pour les alcools "forts" comme le
rhum issu de la fermentation de cannes à sucre, ou encore
la vodka issue de la fermentation de pommes de terre, de
seigle ou de betteraves à sucre, la fermentation est suivie d'une distillation afin de concentrer
l'alcool.
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La fabrication de vinaigre.
Le vinaigre est obtenu par la fermentation acétique qui
transforme en acide acétique l'alcool d'un vin sous l'effet des
bactéries Acetobacter. C'est l'acide acétique qui donne au vinaigre son
acidité caractéristique et en fait un conservateur efficace.
C'est encore Pasteur qui en 1865 découvre le responsable de
l'acétification et le processus : les bactéries,
transportées par les poussières de l'air transforment le
vin en vinaigre par oxydation de l'alcool qu'il contient. Petit
à petit, ces bactéries remontent à la surface en
forment un voile blanchâtre qu'on appelle " la mère de
vinaigre". Lorsque cette accumulation devient trop importante, les
bactéries meurent et tombent au fond de la cuve. Il en est ainsi
jusqu'à épuisement de l'alcool présent dans le
milieu.
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La fabrication de probiotiques en santé humaine
Ce sont des micro-organismes vivants (levures ou bactéries)
présents dans les aliments, notamment dans les produits laitiers
fermentés (dans un yaourt classique, on trouve 100 millions de
bactéries par gramme), ou dans des compléments
alimentaires sous forme lyophilisée. Pour être efficaces,
ils doivent être délivrés vivants dans l'intestin.
Plusieurs études leur prêtent de nombreuses vertus
santé. Les segments de santé visés sont
prioritairement la sphère digestive, les défenses
immunitaires et la sphère vaginale. Outre l'amélioration
du transit, les probiotiques permettraient de renforcer nos
défenses et réduiraient les allergies alimentaires. Ils
constituent une alternative naturelle aux traitements
médicamenteux.
Parmi eux, on distingue les ferments lactiques (les lactobacilles Lactobacillus bulgaris,
Lactobacillus acidophilus et Lactobacillus casei et les coques Lactococcus lactis,
Streptococcus thermophilus, Enterococcus faecium), les bifidobactéries d'origine humaine ou
animale qui appartiennent à la flore intestinale normale (Bifidobacterium bifidum, Bifidobacterium
longum), les différentes levures de type Saccharomyces principalement utilisées par
l'industrie agroalimentaire (Saccharomyces boulardii) et les autres bactéries sporulées
(Bacillus subtilis, Bacillus bifidus et cereus).
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La fabrication de probiotiques et d'agents d'ensilage en nutrition
animale
Ces probiotiques sont des concentrés de levures sèches (Saccharomyces cerevisiae)
utilisés dans l'alimentation animale comme apports de nutriments
favorables : les levures libèrent des vitamines, des acides
aminés et des peptides qui permettent de renforcer la protection
de la flore intestinale, de normaliser le transit et de stimuler
l'immunité intestinale renforçant ainsi les
défenses naturelles des animaux ; les probiotiques
permettent ainsi d'obtenir un meilleur rendement de la production
laitière, de réduire significativement les pertes de
poids des animaux, d'augmenter significativement le taux de croissance
des portées, d'améliorer la qualité des viandes,
etc., ce qui représente une garantie pour toute la filière, depuis
le fabriquant d'aliment jusqu'au consommateur.
La fabrication d'agents d'ensilage (association de bactéries
lactiques lyophilisées) spécifiquement adaptés
à chaque type d'ensilage (maïs plante entière,
maïs grain humide, céréales immatures, luzerne,
herbe plus ou moins riche en matière sèche&) permet
de stabiliser les silos et d'éviter les fermentations sauvages
responsables de la production de mauvaises bactéries qui passent
ensuite dans l'estomac des animaux.
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La fabrication d'éthanol-carburant.
C'est un alcool à indice d'octane élevé produit
par la fermentation de sucre ou d'amidon prétraité,
provenant de grains de blé ou de maïs ; l'ajout de
levure entraîne la fermentation des sucres et produit
l'éthanol qui est ensuite séparé du mélange
par distillation.
En principe, l'éthanol-carburant sert d'additif en petite
quantité à l'essence. L'éthanol pur ou les fortes
concentrations d'éthanol, comme dans un mélange de 85 %
d'éthanol et de 15 % d'essence nécessitent des
modifications du moteur. Au Brésil, la moitié des
véhicules peuvent fonctionner avec de l'éthanol pur. Les avantages de
l'éthanol par rapport à l'essence sont diverses :
baisse d'émissions de monoxyde de carbone, de dioxyde de carbone
et d'hydrocarbure, et réduction globale des gaz à effet
de serre, durabilité de la production d'éthanol due
à l'utilisation de matières premières comme des
grains et des produits du bois, marché supplémentaire
pour le maïs et les autres matières premières
agricoles utilisées dans la production d'éthanol et
réduction de la dépendance à l'égard des
produits pétroliers importés. Les
premières utilisations de carburants au bioéthanol
remontent quasiment au début de l'automobile. Durant les
années 60, l'offre abondante de pétrole à bas prix
a éclipsé les biocarburants. Depuis le choc
pétrolier de 1973, l'utilisation du bioéthanol a connu un
nouvel essor grâce au soutien de certains gouvernements. Les
États-Unis et le Brésil produisent à eux seuls 95%
de l'éthanol carburant dans le monde.
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