La planète-vin / Bordeaux

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Le Libournais

Les vignobles du Libournais partagent des caractéristiques qui les distinguent nettement des autres Bordeaux. En particulier, on trouve ici une configuration de propriétés complètement différente du reste du Bordelais : le vignoble y est concentré, serré, compact comme en Bourgogne. Le merlot y règne en maître depuis que les gelées de 1956 obligèrent les viticulteurs à renouveler leurs plantations : le cabernet sauvignon fut remplacé par du merlot et du cabernet franc.

Le vignoble est établi en majorité dans la plaine alluviale qui descend vers la Dordogne, mais les meilleurs vins viennent de coteaux.

A part une (Côtes de Francs), toutes les appellations du Libournais sont exclusivement rouges :

  • Fronsac : 700 ha, RB 47 hl/ha.
  • Canon-Fronsac : 300 ha, RB 47 hl/ha.
  • Pomerol : 750 ha, RB 42 hl/ha.
  • Lalande-de-Pomerol : 900 ha, 42 hl/ha.
  • Saint-Emilion : 2.100 ha, RB 45 hl/ha.
  • Saint-Emilion Grand Cru :

  • 3.000 ha, RB 40 hl/ha.
    Cette appellation distingue les Saint-Emilion satisfaisant des critères gustatifs plus exigeants. Les vins de cette appellation sont l'objet d'un classement renouvelable tous les 10 ans. Le dernier classement en date, défini par un décret de 1984, honore 11 Premiers Grands Crus Classés, et 63 Grands Crus Classés.
Les satellites de Saint-Emilion ont un RB de 45 hl/ha :
  • Lussac Saint-Emilion : 1.100 ha.
  • Puisseguin Saint-Emilion : 700 ha.
  • Montagne Saint-Emilion : 1.350 ha.

  • cette appellation s'applique aux vins des communes de Montagne, Saint-Georges, et Parsac.
  • Saint-Georges Saint-Emilion : 150 ha.

  • Il semble que les viticulteurs de Saint-Georges aient encore la faculté d'utiliser l'appellation Saint-Georges, car on rencontre encore des vins récents sous cette appellation.
Et enfin, plus en amont sur la Dordogne :
  • Côtes de Castillon : 2.200 ha, RB 50 hl/ha.
  • et Bordeaux Côtes de Francs : 350 ha, RB 50 hl/ha.

  • Cette dernière appellation est la seule du Libournais à produire non seulement des rouges, mais aussi quelques blancs (2%). Elle s'étend sur 300 ha des communes de Francs, Saint-Cibard, et Tayac. Du fait de sa petite taille et de sa notoriété modeste, de nombreux producteurs préfèrent vendre leurs vins sous l'appellation Bordeaux ou Bordeaux Supérieur.
Table 4. Millésimes récents en Libournais
Année Qualité et garde
1987 Bonne année, de bonne garde, sans plus. Le vin est à boire.
1988 Très bon millésime, aux vins vigoureux et tanniques, de très bonne garde.
1989 Millésime exceptionnel, le meilleur au moins depuis 82. Le vin est de très longue garde : commencer à goûter, prudemment, à partir de l'an 2000. Pomerol est au sommet.
1990 Très bonne année, mais de garde seulement bonne. Le vin est à boire avant les 88 et 89. Saint-Emilion est la meilleure réussite.
1991 Année médiocre en général, inférieure même à 87; à boire dans les 5 ans. Mais les Fronsac sont bons.
1992 A nouveau médiocre. Les vins de Saint-Emilion sont dilués. Même Fronsac est hétérogène. Des vins à boire jeunes, au plus tard en 2000.
1993 Sans atteindre l'excellence, le Libournais a obtenu la meilleure réussite du Bordelais. Vins nettement supérieurs aux 91 et 92, et de bonne garde (10 à 15 ans pour les meilleurs).
1994 Très bonne année, un peu dans le style de 1990 mais avec davantage d'intensité aromatique. Saint-Emilion a mieux réussi que Fronsac en général. Dans l'ensemble, les vins sont de bonne garde, mais avec des résultats inégaux selon les producteurs.

 


Fronsac

Les vins d'appellations Fronsac et Canon-Fronsac peuvent être produits par 6 communes : Fronsac, Saint-Michel-de-Fronsac, Saillans, Saint-Aignan, Saint-Germain-de-la-Rivière et La Rivière.

La butte de Fronsac constitua pendant des siècles un refuge et un site militaire pour des seigneurs un peu pirates.

Fronsac bénéficie d'un terroir spécifique : des molasses alternant avec du calcaire à astéries.

Ses vins sont colorés, robustes, au bouquet vigoureux quelque peu épicé. Ce sont des vins de longue garde, complets et corsés, en même temps que fins et distingués, mais cependant moins que leurs voisins de Pomerol et de Saint-Emilion.

Le Fronsadais, voisin de Saint-Emilion et Pomerol, très bien exposé, est cependant méconnu et ses vins sont donc encore abordables.

Les meilleurs sont les Canon-Fronsac, qui viennent sur des coteaux bénéficiant d'une bonne exposition, de sols argilo-calcaires sur banc de calcaire à astéries. On les trouve à Fronsac et Saint-Michel-de-Fronsac. Arborant une robe plus foncée, ils sont à la fois fins et séveux. Certaines années, ces vins qui sont à boire entre 6 et 15 ans, peuvent atteindre une plénitude qui les hisse au niveau des Pomerol et des Saint-Emilion.

Parmi les bonnes adresses dans les deux appellations :

  • Ch. la Rivière, à Saint-Michel,
  • Ch. Villars, à Saillans.

Pomerol

Pomerol vient du latin "poma" : fruit à pépins, le raisin en l'occurence.

Pomerol, c'est 760 ha de terroirs divers : un plateau argileux, des sols sablonneux à l'ouest, ailleurs silico-graveleux, ou encore argilo-graveleux, sur un sous-sol ferrugineux. La présence d'argile rend le travail plus difficile, mais c'est à la présence des oxydes de fer que Pomerol doit sa robe foncée, son caractère aimable, son aptitude au vieillissement.

Plus précisément, les spécialistes distinguent quatre "étages" :

  • la haute terrasse, plateau de graves anciennes regroupant la presque totalité des grands noms, y compris le Ch. Cheval Blanc de Saint-Emilion, qui aurait dû être un Pomerol s'il n'était pas sur le territoire communal de Saint-Emilion.
  • Ces graves enserrent Pétrus, ilôt privilégié avec sa boutonnière de 11,5 hectares d'argiles profondes qui profitent, dans une moindre mesure, aux Ch. l'Evangile, Gazin, et Vieux-Château-Certan.
  • A l'ouest de la haute terrasse, une zone composée d'un mélange de sables et de graves.
  • La frange la plus proche de Libourne est siliceuse et donne des vins plus souples.
Quatre châteaux occupent à eux seuls 16% de l'appellation, le reste étant partagé entre 160 propriétaires. Tous ensemble, ils produisent environ 4 millions de bouteilles d'une grande sensualité gustative, ayant la finesse des vins du Médoc, et la vigueur de ceux de Saint-Emilion.

Issus du merlot pour les trois quarts, et de cabernet franc pour le reste (le cabernet sauvignon n'a été introduit ici que dans les années 60, en toute petite quantité), les Pomerol sont donc peu tanniques (le tanin des Bordeaux est fourni par le cabernet sauvignon). En général de longue garde, mais toutefois moins que les meilleurs du Médoc, des Graves, ou de Saint-Emilion, ils connaissent leur apogée entre 5 et 15 ans.

Ronds et souples, en même temps que corsés, ils sont dotés d'un bouquet puissant et chaleureux. Les meilleurs viennent du plateau.
Leur grand défaut, c'est évidemment leur prix.

A Pomerol, le classement n'est pas officiel, mais établi par l'usage.
Pétrus, dont les armes sont les clés de Saint-Pierre, vient en tête. Issu à 95% de merlot, vieilli 24 à 30 mois en barriques neuves, il demande à être attendu longuement.

Derrière lui, parmi plus de quarante Châteaux principaux, il faut citer au moins :

  • Ch. Trotanoy,
  • Ch. l'Evangile,
  • Ch. La Conseillante,
  • Ch. La Fleur de Gay, voisin de Pétrus,
  • Ch. Petit-Village,
  • Ch. Le Bon Pasteur (de Michel Rolland, oenologue-vigneron qui met en pratique sa théorie du raisin mûr cuvé longuement),
  • Ch. Lafleur, Ch. Le Gay, Ch. Le Pin, Ch. Taillefer, Ch. Certan-Giraud, et Ch. Latour à Pomerol.
Puis :
  • Ch. Vieux-Château-Certan,
  • Ch. Gazin,
  • Ch. Clinet,
  • Ch. La Fleur Pétrus, Ch. Certan de May, Ch. Nénin, entre autres.
Peu de vente directe ici. Les producteurs ne cèdent leurs bouteilles qu'à regret, et vous invitent à passer par le négoce. Etant donné les prix élevés, et compte-tenu du fait que la commune n'a strictement aucun intérêt touristique, on ne s'en affligera pas.

Les rares bonnes adresses comprennent :

  • Ch. La Patache, qui se distingue par un rapport qualité/prix exceptionnel (ne pas confondre avec le Ch. Patache d'Aux, un Médoc de Bégadan).
  • Ch. La Ganne
  • Clos René [6-12]
Maison des Vins, au lieu-dit La Patache (tel. 57.74.07.68).

Millésimes :
81 et 83 ont déçu au bout de 10 ans, et 84 était faible comme partout ailleurs. Tous les autres, de 82 à 90, ont été bons ou grands.


Lalande-de-Pomerol

Cette appellation concerne les communes de Lalande-de-Pomerol et de Néac, au sol graveleux ou sablo-graveleux en pente très légère. Des deux communes, Néac est celle qui donne en général les meilleurs vins, colorés, généreux et bouquetés, dotés à la fois de la sève des Pomerol et de la richesse des Saint-Emilion.
Au total, les 230 producteurs bouchent environ 5 millions de bouteilles chaque année.

Le Lalande-de-Pomerol est généreux, nerveux et ferme, mais sans la richesse des Pomerol qu'il ne peut pas concurrencer. Plus abordable que le Pomerol, il n'est guère meilleur en rapport qualité/prix.

A boire entre 5 et 15 ans.

Châteaux aux réussites régulières :

  • Ch. Bel-Air,
  • Ch. Grand-Ormeau,
  • Ch. La Croix des Moines,
  • Ch. Belles-Graves,
  • Ch. Tournefeuille,
  • Ch. La Croix Saint-André,
  • Ch. Moncets.

Saint-Emilion

L'appellation bénéficie à un millier de producteurs répartis sur 9 communes :
  • Saint-Emilion,
  • Saint-Christophe-des-Bardes,
  • Saint-Etienne-de-Lisse,
  • Saint-Hippolyte,
  • Saint-Laurent-des-Combes,
  • Saint-Pey-d'Armens,
  • Saint-Sulpice-de-Faleyrens,
  • Vignonet,
  • et une petite partie de Libourne, qui portait autrefois l'appellation "Sables Saint-Emilion".
La Barbanne, petite rivière qui séparait autrefois les territoires de langue d'oil de ceux de langue d'oc, dessine approximativement aujourd'hui la limite nord de l'appellation, dont l'aire est inscrite -depuis le 4 décembre 1999- au Patrimoine Mondial de l'UNESCO.

Saint-Emilion est une pittoresque cité bâtie au creux d'une colline calcaire. Il faut voir ses remparts du 13e siècle, ses petites rues pentues et pavées, ses maisons anciennes et les ruines du château élevé sur ordre d'Henri III. Enfin, son église monolithe est un édifice unique, malheureusement menacé d'effondrement (et massacré par le béton que l'on y a coulé pour empêcher cette catastrophe).

Les vins de Saint-Emilion accordent la prépondérance au merlot (60%), avec du cabernet franc en complément, et parfois un peu de cabernet sauvignon; toutefois, certains Grands Crus, tels que Ch. Ausone et Ch. Cheval-Blanc emploient le merlot et le cabernet franc à parts égales.
Généreux, corsés, chaleureux, ils présentent un parfum de truffe et sont souvent plus puissants que ceux du Médoc.
Ceci dit, il convient de distinguer deux types de vins assez différents :

  • les vins du plateau et des coteaux calcaires, généreux, corsés, charpentés, se montrent aptes à un bon vieillissement;
  • les vins qui viennent sur des graves (plaine sablo-graveleuse de la vallée de la Dordogne, terrasse de graves silico-argileuses s'étendant en direction de Libourne) se rapprochent des Pomerol par la finesse, la souplesse, et le bouquet.
Depuis 1985, sous la pression de la CEE, il ne subsiste que deux appellations :
  • Saint-Emilion : en moyenne 100.000 hl,
  • Saint-Emilion Grand Cru, qui correspond à une sélection sur des critères qualitatifs plus exigeants. 130.000 hl en moyenne.

Cette simplification ne permet pas de rendre compte de l'éventail des qualités rencontrées ici. Rappelons donc que le classement établi en 1955, puis révisé en 1958, 1969, 1985, 1996, et 2006, consacre actuellement (à compter du millésime 2006) :

2 Premiers Grands Crus Classés A :

  • Ch. Ausone [15-45], sur des coteaux calcaires,
  • et Ch. Cheval Blanc [12-40] sur des graves et des sables anciens, où le cabernet sauvignon domine (cas exceptionnel dans le Libournais), est plus proche d'un Haut-Médoc que des autres Saint-Emilion.

Ch. Ausone - Entrée du chai troglodyte (Photo David Desmet)
 

13 Premiers Grands Crus Classés B :

  • Chateau Angélus,
  • Ch. Beauséjour (Duffau-Lagarrosse),
  • Ch. Beau-Séjour-Bécot [7-25],
  • Ch. Belair [10-35],
  • Ch. Canon [8-30],
  • Ch. Figeac [12-30], sur des sables et des graves à la limite de Pomerol,
  • Clos Fourtet, qui a des parcelles sur le plateau et d'autres sur des sables anciens,
  • Ch. La Gaffelière [12-35],
  • Ch. Magdelaine [10-35],
  • Ch. Pavie [8-30],
  • Ch. Pavie-Macquin,
  • Ch. Troplong-Mondot,
  • Ch. Trottevieille.

    La Côte de Saint-Emilion vue depuis la terrasse de Belair (Photo David Desmet)

    46 Grands Crus Classés, parmi lesquels :

    • Ch. L'Arrosée,
    • Ch. Balestard La Tonnelle [10-30],
    • Ch. Canon-La Gaffelière,
    • Ch. Cap-de-Mourlin,
    • Ch. Clos des Jacobins [8-25],
    • Ch. Corbin,
    • Ch. Corbin-Michotte,
    • Ch. Dassault [8-25],
    • Ch. Grand-Mayne,
    • Ch. Haut-Corbin,
    • Ch. La Dominique, aux mêmes sols que Ch. Figeac et Ch. Cheval-Blanc,
    • Ch. Larcis-Ducasse,
    • Ch. Larmande [8-25],
    • Ch. Laroze [4-10],
    • Ch. La Serre [8-25],
    • Ch. La Tour Figeac [4-8],
    • Ch. Le Prieuré,
    • Ch. Les Grandes Murailles [5-20], 
    • Ch. Pavie-Decesse,
    • Ch. Soutard [12-35].
    L'appellation Saint-Emilion Grand Cru n'est accordée qu'après deux examens gustatifs :
    • estimation de l'aptitude au vieillissement la première année,
    • agrément, dans les deux ans qui suivent.
    En outre, elle comporte l'obligation de mise en bouteille au château.

    Au moins 200 châteaux réussissent régulièrement à obtenir cette mention de qualité.  Parmi eux :

    • Ch. Côtes Baleau [4-12], 
    • Ch. Curé Bon La Madeleine [7-20],
    • Ch. Clos de La Cure,
    • Ch. de Ferrand,
    • Ch. Guadet Saint-Julien [7-20],
    • Ch. La Grâce Dieu Les Menuts,
    • Ch. La Mondotte,
    • Ch. Lassègue,
    • Ch. Le Carillon de l'Angélus (2e vin du Château L'Angélus),
    • Ch. Tertre Roteboeuf,
    • Ch. Valandraud,
    • Ch. Villemaurine,
    • Ch. Yon-Figeac.

    A prix (relativement) doux :

    • Ch. Moulin Saint-Georges,
    • Ch. Carteau Côtes-Daugay,
    • Ch. Orisse-du-Casse, à Saint-Sulpice-de-Faleyrens,
    • Ch. Prieuré-Lescours, au Ch. Barreau à Libourne (les vignes sont sur Saint-Sulpice),
    • Ch. Berliquet [10-30], vin de la coopérative.

    Saint-Emilion : rares sont les vins qui, n'ayant pas réussi à obtenir la mention Grand Cru, s'avèreront cependant d'une qualité à la hauteur de la réputation de l'appellation.

    Meilleurs millésimes anciens : 28, 29, 45, 47, 55, 57, 59, 61, 79, 82, 85, 88, 89, 90.


    Satellites de Saint-Emilion

    Les vignerons y font un gros effort pour se faire connaître. Le mot "satellites" les fait bondir : certains de leurs terroirs sont en effet supérieurs à certaines parcelles ayant droit à l'appellation Saint-Emilion. La densité moyenne est environ de 5.500 pieds à l'hectare.

    Autrefois, on s'accordait généralement à les classer dans l'ordre suivant :

    1. Saint-Georges Saint-Emilion
    2. Sables Saint-Emilion
    3. Montagne Saint-Emilion
    4. Puisseguin Saint-Emilion
    5. Parsac Saint-Emilion
    6. Lussac Saint-Emilion
    ce qui n'excluait pas un certain nombre d'exceptions notables au niveau des châteaux. Quoi qu'il en soit, trois changements sont venus invalider ce classement :
    • l'aire des Sables Saint-Emilion, jouxtant Libourne à l'est, a été intégrée à celle de Saint-Emilion en 1989; les principaux Châteaux de ce terroir étaient Cruzeau, Martinet, Doumaine, Gaillard;
    • l'aire de Parsac a été rattachée à celle de Montagne; elle a encore droit à l'appellation Parsac Saint-Emilion mais n'en fait plus usage;
    • les vins de Saint-Georges peuvent être déclarés en Saint-Georges Saint-Emilion ou en Montagne Saint-Emilion; quelques châteaux ont choisi, jusqu'à présent, de conserver l'appellation Saint-Georges Saint-Emilion.
    Montagne Saint-Emilion :

    220 viticulteurs de Montagne, et 32 de Saint-Georges, se partagent 1.700 ha qui fournissent 78.000 hl.

    Les sommets calcaires donnent un vin coloré, corsé, robuste. Plus bas, les graves silico-argileuses donnent un vin plus léger et plus souple qui rappelle le Pomerol et le vin des graves de Saint-Emilion.
    A boire entre 3 et 10 ans.

    Meilleurs Châteaux :

    • Montaiguillon,
    • Croix-Beauséjour,
    • Rocher-Corbin,
    • Faizeau,
    • Ch. des Laurets, à Puisseguin.
    Pour l'anecdote : l'INAO a déclassé en Bordeaux une partie de la production du populaire Ch. des Tours.

    Les vins de Saint-Georges sont corsés et puissants sans être communs. Robustes et charpentés, ils supportent un long vieillissement, de 5 à 15 ans.

    A Saint-Georges, la moitié des 32 viticulteurs portent leur récolte à la coopérative de Montagne. Les meilleurs Châteaux de Saint-Georges sont :

    • Saint-Georges,
    • La Croix de Saint-Georges,
    • Ch. Vieux-Guillou,
    • Ch. Roc de Troquard, à Saint-Sulpice de Faleyrens.
    Lussac Saint-Emilion :

    la commune produit un peu de blanc en appellation Bordeaux ou Bordeaux-Supérieur, mais surtout du rouge. 215 viticulteurs se partagent 1.250 ha dont 130 vignerons tirent 60.000 hl.
    A boire entre 5 et 12 ans.

    En fait, à Lussac, on distingue trois zones :

    • le plateau occidental de graves, qui donne des vins légers,
    • les sols argileux du nord, aux vins robustes,
    • et les sols argilo-calcaires du sud-est, aux vins bien équilibrés.
    Principaux Châteaux :
    • Ch. du Lyonnat,
    • Ch. Mayne-Blanc,
    • Ch. Croix de Blanchon,
    • Ch. Cap de Merle.
    Puisseguin Saint-Emilion :
    130 viticulteurs se partagent 680 ha sur un sous-sol pierreux, dont 80 vignerons tirent 30.000 hl. Les vins sont en général plus simples que ceux de l'appellation Montagne Saint-Emilion, et sont à boire entre 5 et 10 ans.

    Adresse : Ch. des Laurets.


    Côtes de Castillon

    9 communes ont droit à cette appellation exclusivement rouge : Castillon-la-Bataille, Belvès-de Castillon, Saint-Magne-de-Castillon, Monbadon, Gardegan-et-Tourtirac, Sainte-Colombe, Saint-Genès de Castillon, Saint-Philippe d'Aiguilhe, et Les Salles de Castillon.

    Elles occupent deux sortes de terroir : des collines argilo-calcaires, et des terres graveleuses en bordure de la Dordogne.

    400 vignerons se partagent 2.640 ha ayant produit 16,5 millions de bouteilles en 1988, 20 millions en 1992.

    Autrefois étiqueté "Bordeaux Côtes de Castillon" ou "Bordeaux Supérieur Côtes de Castillon", ce vin a droit à l'appellation contrôlée Côtes de Castillon depuis le millésime 1988, et quelques châteaux continuent à faire de gros efforts pour améliorer la qualité. La densité doit d'ailleurs être portée de 2.500 à 5.000 pieds.

    A prédominance merlot, riche en couleur, généreux et corsé, il évoque ses voisins de Lussac et de Puisseguin Saint-Emilion. Il supporte un vieillissement de quelques années (jusqu'à 15 ans), mais peut cependant être bu jeune (à partir de 4 ans).

    Est-ce pour avoir trop tâté du tonneau que les Anglais perdirent la bataille en 1453 ?

    Bonnes adresses :

    • Ch. de Belcier, aux Salles (fait aussi du Côtes de Francs)
    • Ch. Côte-Montpezat,
    • Ch. de l'Estang,
    • Ch. des Platanes,
    • Ch. Peyrou, à Saint-Magne,
    • Ch. Bellevue,
    • Ch. Cap de Faugères, à Sainte-Colombe,
    • Ch. de Clotte, aux Salles,
    • Château d'Aiguilhe, ancienne Commanderie des Templiers.

    Bordeaux Côtes de Francs

    Une des plus hautes appellations girondines, culminant à 106 mètres.

    Des coteaux argilo-calcaires et marneux, sur les communes de Francs, Saint-Cibard, et Tayac, produisent des vins blancs, et des rouges riches et bouquetés.

    Les blancs, issus de sauvignon, sémillon, et muscadelle, peuvent être secs ou demi-secs, ou encore liquoreux; dans ce dernier cas, ils doivent titrer au moins 11,5%vol et contenir au moins 27 grammes de sucre résiduel.

    Les rouges sont en tous points semblables aux Côtes de Castillon, avec une longévité un peu moindre.

    A boire entre 4 et 10 ans.

    Bonnes adresses :

    • Ch. Puyguéraud, rouge, est devenu réputé, donc cher,
    • Ch. de Francs,
    • Ch. Les Charmes-Godard.
    Maison des Côtes de Francs : à Saint-Cibard (57.40.61.04).



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