La planète-vin / Bordeaux[ Bas de la page | Page précédente | Page suivante | Table des matières ]
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Le LibournaisLes vignobles du Libournais partagent des caractéristiques qui les distinguent nettement des autres Bordeaux. En particulier, on trouve ici une configuration de propriétés complètement différente du reste du Bordelais : le vignoble y est concentré, serré, compact comme en Bourgogne. Le merlot y règne en maître depuis que les gelées de 1956 obligèrent les viticulteurs à renouveler leurs plantations : le cabernet sauvignon fut remplacé par du merlot et du cabernet franc.Le vignoble est établi en majorité dans la plaine alluviale qui descend vers la Dordogne, mais les meilleurs vins viennent de coteaux. A part une (Côtes de Francs), toutes les appellations du Libournais sont exclusivement rouges :
3.000 ha, RB 40 hl/ha. Cette appellation distingue les Saint-Emilion satisfaisant des critères gustatifs plus exigeants. Les vins de cette appellation sont l'objet d'un classement renouvelable tous les 10 ans. Le dernier classement en date, défini par un décret de 1984, honore 11 Premiers Grands Crus Classés, et 63 Grands Crus Classés.
cette appellation s'applique aux vins des communes de Montagne, Saint-Georges, et Parsac. Il semble que les viticulteurs de Saint-Georges aient encore la faculté d'utiliser l'appellation Saint-Georges, car on rencontre encore des vins récents sous cette appellation.
Cette dernière appellation est la seule du Libournais à produire non seulement des rouges, mais aussi quelques blancs (2%). Elle s'étend sur 300 ha des communes de Francs, Saint-Cibard, et Tayac. Du fait de sa petite taille et de sa notoriété modeste, de nombreux producteurs préfèrent vendre leurs vins sous l'appellation Bordeaux ou Bordeaux Supérieur.
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FronsacLes vins d'appellations Fronsac et Canon-Fronsac peuvent être produits par 6 communes : Fronsac, Saint-Michel-de-Fronsac, Saillans, Saint-Aignan, Saint-Germain-de-la-Rivière et La Rivière.La butte de Fronsac constitua pendant des siècles un refuge et un site militaire pour des seigneurs un peu pirates. Fronsac bénéficie d'un terroir spécifique : des molasses alternant avec du calcaire à astéries. Ses vins sont colorés, robustes, au bouquet vigoureux quelque peu épicé. Ce sont des vins de longue garde, complets et corsés, en même temps que fins et distingués, mais cependant moins que leurs voisins de Pomerol et de Saint-Emilion. Le Fronsadais, voisin de Saint-Emilion et Pomerol, très bien exposé, est cependant méconnu et ses vins sont donc encore abordables. Les meilleurs sont les Canon-Fronsac, qui viennent sur des coteaux bénéficiant d'une bonne exposition, de sols argilo-calcaires sur banc de calcaire à astéries. On les trouve à Fronsac et Saint-Michel-de-Fronsac. Arborant une robe plus foncée, ils sont à la fois fins et séveux. Certaines années, ces vins qui sont à boire entre 6 et 15 ans, peuvent atteindre une plénitude qui les hisse au niveau des Pomerol et des Saint-Emilion. Parmi les bonnes adresses dans les deux appellations :
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PomerolPomerol vient du latin "poma" : fruit à pépins, le raisin en l'occurence.Pomerol, c'est 760 ha de terroirs divers : un plateau argileux, des sols sablonneux à l'ouest, ailleurs silico-graveleux, ou encore argilo-graveleux, sur un sous-sol ferrugineux. La présence d'argile rend le travail plus difficile, mais c'est à la présence des oxydes de fer que Pomerol doit sa robe foncée, son caractère aimable, son aptitude au vieillissement. Plus précisément, les spécialistes distinguent quatre "étages" :
Issus du merlot pour les trois quarts, et de cabernet franc pour le reste (le cabernet sauvignon n'a été introduit ici que dans les années 60, en toute petite quantité), les Pomerol sont donc peu tanniques (le tanin des Bordeaux est fourni par le cabernet sauvignon). En général de longue garde, mais toutefois moins que les meilleurs du Médoc, des Graves, ou de Saint-Emilion, ils connaissent leur apogée entre 5 et 15 ans. Ronds et souples, en même temps que corsés, ils sont dotés
d'un bouquet puissant et chaleureux. Les meilleurs viennent du plateau.
A Pomerol, le classement n'est pas officiel, mais établi par
l'usage. Derrière lui, parmi plus de quarante Châteaux principaux, il faut citer au moins :
Les rares bonnes adresses comprennent :
Millésimes : |
Lalande-de-PomerolCette appellation concerne les communes de Lalande-de-Pomerol et de Néac, au sol graveleux ou sablo-graveleux en pente très légère. Des deux communes, Néac est celle qui donne en général les meilleurs vins, colorés, généreux et bouquetés, dotés à la fois de la sève des Pomerol et de la richesse des Saint-Emilion.Au total, les 230 producteurs bouchent environ 5 millions de bouteilles chaque année. Le Lalande-de-Pomerol est généreux, nerveux et ferme, mais sans la richesse des Pomerol qu'il ne peut pas concurrencer. Plus abordable que le Pomerol, il n'est guère meilleur en rapport qualité/prix. A boire entre 5 et 15 ans. Châteaux aux réussites régulières :
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Saint-EmilionL'appellation bénéficie à un millier de producteurs répartis sur 9 communes :
Saint-Emilion est une pittoresque cité bâtie au creux d'une colline calcaire. Il faut voir ses remparts du 13e siècle, ses petites rues pentues et pavées, ses maisons anciennes et les ruines du château élevé sur ordre d'Henri III. Enfin, son église monolithe est un édifice unique, malheureusement menacé d'effondrement (et massacré par le béton que l'on y a coulé pour empêcher cette catastrophe). Les vins de Saint-Emilion accordent la prépondérance
au merlot (60%), avec du cabernet franc en complément, et parfois
un peu de cabernet sauvignon; toutefois, certains Grands Crus, tels
que Ch. Ausone et Ch. Cheval-Blanc emploient le merlot et le cabernet
franc à parts égales.
Cette simplification ne permet pas de rendre compte de l'éventail des qualités rencontrées ici. Rappelons donc que le classement établi en 1955, puis révisé en 1958, 1969, 1985, 1996, et 2006, consacre actuellement (à compter du millésime 2006) :
46 Grands Crus Classés, parmi lesquels :
Au moins 200 châteaux réussissent régulièrement à obtenir cette mention de qualité. Parmi eux :
A prix (relativement) doux :
Saint-Emilion : rares sont les vins qui, n'ayant pas réussi à obtenir la mention Grand Cru, s'avèreront cependant d'une qualité à la hauteur de la réputation de l'appellation. Meilleurs millésimes anciens : 28, 29, 45, 47, 55, 57, 59, 61, 79, 82, 85, 88, 89, 90. |
Satellites de Saint-EmilionLes vignerons y font un gros effort pour se faire connaître. Le mot "satellites" les fait bondir : certains de leurs terroirs sont en effet supérieurs à certaines parcelles ayant droit à l'appellation Saint-Emilion. La densité moyenne est environ de 5.500 pieds à l'hectare.Autrefois, on s'accordait généralement à les classer dans l'ordre suivant :
220 viticulteurs de Montagne, et 32 de Saint-Georges, se partagent 1.700 ha qui fournissent 78.000 hl. Les sommets calcaires donnent un vin coloré, corsé, robuste.
Plus bas, les graves silico-argileuses donnent un vin plus léger
et plus souple qui rappelle le Pomerol et le vin des graves de
Saint-Emilion. Meilleurs Châteaux :
Les vins de Saint-Georges sont corsés et puissants sans être communs. Robustes et charpentés, ils supportent un long vieillissement, de 5 à 15 ans. A Saint-Georges, la moitié des 32 viticulteurs portent leur récolte à la coopérative de Montagne. Les meilleurs Châteaux de Saint-Georges sont :
la commune produit un peu de blanc en appellation Bordeaux ou
Bordeaux-Supérieur, mais surtout du rouge. 215 viticulteurs
se partagent 1.250 ha dont 130 vignerons tirent 60.000 hl. En fait, à Lussac, on distingue trois zones :
130 viticulteurs se partagent 680 ha sur un sous-sol pierreux, dont 80 vignerons tirent 30.000 hl. Les vins sont en général plus simples que ceux de l'appellation Montagne Saint-Emilion, et sont à boire entre 5 et 10 ans. Adresse : Ch. des Laurets. |
Côtes de Castillon9 communes ont droit à cette appellation exclusivement rouge : Castillon-la-Bataille, Belvès-de Castillon, Saint-Magne-de-Castillon, Monbadon, Gardegan-et-Tourtirac, Sainte-Colombe, Saint-Genès de Castillon, Saint-Philippe d'Aiguilhe, et Les Salles de Castillon.Elles occupent deux sortes de terroir : des collines argilo-calcaires, et des terres graveleuses en bordure de la Dordogne. 400 vignerons se partagent 2.640 ha ayant produit 16,5 millions de bouteilles en 1988, 20 millions en 1992. Autrefois étiqueté "Bordeaux Côtes de Castillon" ou "Bordeaux Supérieur Côtes de Castillon", ce vin a droit à l'appellation contrôlée Côtes de Castillon depuis le millésime 1988, et quelques châteaux continuent à faire de gros efforts pour améliorer la qualité. La densité doit d'ailleurs être portée de 2.500 à 5.000 pieds. A prédominance merlot, riche en couleur, généreux et corsé, il évoque ses voisins de Lussac et de Puisseguin Saint-Emilion. Il supporte un vieillissement de quelques années (jusqu'à 15 ans), mais peut cependant être bu jeune (à partir de 4 ans). Est-ce pour avoir trop tâté du tonneau que les Anglais perdirent la bataille en 1453 ? Bonnes adresses :
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Bordeaux Côtes de FrancsUne des plus hautes appellations girondines, culminant à 106 mètres.Des coteaux argilo-calcaires et marneux, sur les communes de Francs, Saint-Cibard, et Tayac, produisent des vins blancs, et des rouges riches et bouquetés. Les blancs, issus de sauvignon, sémillon, et muscadelle, peuvent être secs ou demi-secs, ou encore liquoreux; dans ce dernier cas, ils doivent titrer au moins 11,5%vol et contenir au moins 27 grammes de sucre résiduel. Les rouges sont en tous points semblables aux Côtes de Castillon, avec une longévité un peu moindre. A boire entre 4 et 10 ans. Bonnes adresses :
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