La planète-vin / Bordeaux[ Bas de la page | Page précédente | Page suivante | Table des matières ]
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Tour d'horizonLe vignoble de Bordeaux s'étend sur 107.000 hectares plantés, dont 101.000 en AOC, c'est à dire presque deux fois la superficie du vignoble australien, autant que le vignoble allemand ou que celui d'Afrique du sud. Sa production ne représente cependant que 2% du vin fait dans le monde. Elle est due à 13.000 vignerons, dont 5.000 associés en coopératives. Le tiers de la production vient de domaines de 25 hectares et plus. Notons que 5.000 domaines seulement ont le droit de s'intituler Châteaux.En 1989, la production était de 5,2 millions d'hectolitres, dont 4,7 en AOC (3,4 en AOC rouge). Bon an mal an, le tiers de la récolte est exporté, aussi
le monde entier connait-il ce vignoble, ou croit le connaître.
De même, chacun ou presque croit savoir que le sauvignon est le principal cépage blanc. Erreur à nouveau : le sauvignon n'occupe que 21% des sols plantés en blanc; le cépage principal est le sémillon, représentant à lui seul plus de 60% de l'encépagement blanc. Voici d'ailleurs des chiffres plus précis, d'après les renseignements fournis en 1993 par le CIVB (Comité Inter-professionnel des Vins de Bordeaux) :
Particularités ? Ni Vin de pays ni VDQS ici : ou vous
faites une appellation contrôlée, ou vous allez planter
ailleurs. On peut trouver ailleurs des vins également bons, mais on ne trouve nulle part ailleurs un vignoble offrant une telle qualité sur une telle superficie. Bordeaux demeure la référence ! Quel est son secret ? Si l'on observe les Grands Crus de Bordeaux, on s'aperçoit qu'ils sont pour la plupart établis sur des alluvions gravelo-sableuses quaternaires de nature siliceuse. C'est le cas des 61 Crus Classés du Haut-Médoc et de presque tous les Crus Classés des Graves (13 pour les rouges). Mais ces alluvions ne détiennent pas l'exclusivité de la qualité, puisque 6 des 11 Premiers Grands Crus Classés de Saint-Emilion sont répartis sur du calcaire à astéries et sur la molasse du Fronsadais. Et quelques vins renommés de Pomerol ont des parcelles établies sur des sédiments très argileux. Les formations géologiques déterminent en partie l'intensité de la couleur, la typicité aromatique et gustative, mais leur influence sur la qualité n'est pas vraiment déterminante. Quelques crus célèbres de Pomerol, un domaine réputé des Graves, et des parcelles de Château Yquem lui-même en partie, sont établis sur des sols hydromorphes que l'on excluerait des aires d'appellation contrôlée s'ils n'avaient pas fait leurs preuves... D'après Emile Peynaud, on ne connait pas, actuellement, un seul
constituant ou élément du sol dont on puisse affirmer
qu'il est un facteur indiscutable de la qualité des raisins et
du vin. Mais il existe des règles générales : dans
les meilleurs crus, les vignes sont peu vigoureuses et les rendements
restent toujours faibles, soit en raison d'une pauvreté chimique
générale, soit parce qu'un ou plusieurs facteurs limitent
la nutrition minérale. On a remarqué aussi que les très grands crus ont la faculté de produire des raisins dont la constitution chimique varie peu d'une année à l'autre. Les variations des teneurs en sucre des moûts et de l'acidité des vins finis est 4 fois plus faible dans un Grand Cru Classé que dans un cru non classé. Les grands terroirs atténuent donc les effets climatiques défavorables. |
Vins blancs de BordeauxA côté du sémillon, l'encépagement blanc est dû au sauvignon, à la muscadelle, à l'ugni blanc, et au colombard. Cependant, tout cela ne sert pas uniquement à élaborer du vin : certes, il est possible de rencontrer quelques rares blancs secs de colombard, mais le colombard et l'ugni blanc entrent surtout dans la composition de la Fine Bordeaux.Le sémillon est employé surtout pour les blancs moelleux, auxquels il donne chair et volume. La muscadelle (que l'on appelait autrefois angélique, ou blanche douce) donne des vins ronds, de bonne acidité, avec des arômes musqués et miellés, fins et puissants. Il faut évidemment distinguer : les blancs secs d'une part, les moelleux ou liquoreux d'autre part. Blancs secsCôtes de Blaye et Entre-Deux-Mers sont les gros fournisseurs de blancs secs, à boire jeunes.Un dicton vous conseille : "Entre deux huîtres, Entre-Deux-Mers". Mais les meilleurs blancs secs sont faits en appellations Graves, et surtout Pessac-Léognan. La qualité a remonté ces dernières années, parce qu'ils sont vendangés plus fréquemment à maturation optimale, et souvent élevés en barriques neuves. En contre-partie, il faut les attendre plus longtemps. On peut ignorer, pour l'essentiel, les blancs secs issus de terroirs bénéficiant d'une appellation rouge prestigieuse. Blancs douxAprès plus de deux décennies d'une désaffection de la part du public, ces vins effectuent une belle remontée.Les Bordeaux Supérieur blancs sont obtenus par saignée en macération courte (de même que les rosés et clairets). Graves Supérieures désigne les blancs moelleux issus de la région des Graves, et les Bordeaux Supérieur blancs peuvent provenir de toute l'aire d'appellation Bordeaux. Les grands liquoreux sont produits en appellations Sauternes et Barsac, alors que les Sainte-Croix-du-Mont et Loupiac, moins réputés, restent à des prix très modérés. |
Vins rouges de BordeauxLa qualité est étroitement liée au rendement de base pratiqué à l'hectare. En simplifiant un peu, on distingue :
Le merlot est généralement considéré comme moins noble que le cabernet sauvignon; et pourtant, l'un des plus grands vins rouges au monde, Pétrus, (un Pomerol) est fait de merlot pour au moins 95%. Tardif, bien adapté aux terroirs chauds (tels que ceux des Graves), le cabernet sauvignon donne des vins corsés, charpentés, tanniques, exigeant un long vieillissement. Il domine en Médoc et en Graves. Maintenant planté un peu partout dans le monde sous des climats chauds, il donne parfois d'excellents résultats, mais Bordeaux reste son terroir d'élection. |
Appellations régionalesBordeaux ne compte pas moins de 57 appellations contrôlées, dont certaines -de taille modeste- restent méconnues, et d'autres -même parmi les plus réputées- présentent des singularités étonnantes.Pour la plupart, ce sont des appellations sous-régionales ou communales. Pour s'y retrouver, il est commode de distinguer 5 régions que nous visiterons tour à tour :
Les vins des appellations régionales peuvent provenir de toutes les aires bénéficiant d'une quelconque appellation contrôlée, c'est à dire de la quasi-totalité de la moitié septentrionale du département girondin. Sont exclues les zones forestières, et les terres alluviales (paluds) des rives de la Gironde, de la Dordogne, et de la Garonne. NB : dans ce qui suit, RB veut dire "rendement de base", le rendement maximum autorisé, avec une tolérance de 20%.
RB: 55 hl/ha en rouge, 65 en blanc. Bordeaux Supérieur désigne des vins rouges qui
doivent titrer au minimum 11%vol (contre 10,5%vol seulement en appellation
Bordeaux simple); et des blancs doux (les blancs secs prenant
l'appellation Bordeaux). Le Bordeaux Clairet est un rouge obtenu par une cuvaison très
courte, au cours de laquelle la plus grande partie du tanin n'a pas
le temps de se dissoudre dans le moût. N'étant pas propice
au vieillissement, il faut le boire jeune. En théorie, le clairet
se distingue du rosé par une couleur plus affirmée,
des arômes plus proches de ceux des rouges, une plus grande
ampleur en bouche, et une charpente tannique plus solide. Dans la
pratique, ces différences ne sont pas toujours évidentes.
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Types de vins et rendement autorisés, par appellation
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Cela étant, il convient de relativiser la notion de rendement : 50 hl/ha n'a pas le même sens en Médoc -où la densité de plantation atteint 10.000 pieds à l'hectare- et à Saint-Emilion, où elle n'est que de 5.000. Quant aux AOC génériques Bordeaux ou Bordeaux Supérieur, la densité peut tomber parfois à 2.500 pieds. [ Haut de la page | Page précédente | Page suivante | Table des matières ]
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