La planète-vin / Bordeaux[ Bas de la page | Page précédente | Page suivante | Table des matières ]
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Repères historiquesLe vignoble de Bordeaux est en partie ancien, et en partie récent. On sait peu de choses des vignobles antiques girondins, sinon que c'est sous les règnes de César er de Néron que les Bordelais commencèrent à planter la vigne et à exporter leur vin.Les seuls écrits sont ceux d'Ausone au 4e siècle, et ceux de Sidoine Apollinaire un siècle plus tard. Par Ausone, nous connaissons "les coteaux couverts de vignes et de feuillage qui se reflètent dans la blonde Garonne", sous un "ciel doux et clément, où la terre toujours arrosée est bonne et féconde, où le printemps est long et l'hiver est bref". Nous apprenons aussi que le vignoble est blanc et qu'il produit un vin réputé jusqu'à Rome. Sidoine Apollinaire nous montre les coteaux de Burgus (Bourg) entièrement consacrés à la culture de la vigne. Puis ce furent les siècles noirs des invasions barbares, le chaos... Au 12e siècle, au temps d'Henri Plantagenet et d'Aliénor
d'Aquitaine, le vignoble se développe sous l'influence du marché
anglais, pour échapper à la dépendance du Narbonnais.
25.000 hectares sont plantés (mais pas dans le Médoc)
pour satisfaire la demande à l'exportation, l'Aquitaine étant
alors le cellier de l'Angleterre. A partir du 16e siècle, le vignoble évolue sous l'influence
des Flamands. Ceux-ci -agronomes déjà experts en matière
de bière, gin, genièvre- développent la production
des vins blancs doux naturels et des "black wines", afin d'avoir des
vins de bonne conservation. Ce n'est qu'au 17e siècle que le Médoc trouve la vocation
que nous lui connaissons. La famille Bourdieu apporte des améliorations
sensibles à la culture de la vigne (le bourdieu désigne
une vigne en rangs palissés). Jusqu'au milieu du 18e, le vin était vendu "en cercles", mais
des négociants londoniens commencent à élever eux-mêmes
des vins qu'ils vendent en bouteilles cachetées. C'est alors
que l'industrie du verre connait un essor considérable, et le
vin va désormais être exporté en bouteille. Le Libournais, relativement éloigné de Bordeaux, restait à l'écart de ce mouvement et stagnait par la faute d'une aristocratie pauvre et timorée. Le développement du chemin de fer, à partir de 1860, lui permit de sortir enfin de son isolement. Peu après, précédée par plusieurs attaques de mildiou, la crise phylloxérique allait éclater... Pour en savoir davantage sur l'histoire viticole de 1750 à 1950, on visitera avec intérêt le Musée d'Aquitaine, Cours Pasteur, à Bordeaux. Aujourd'hui, Bordeaux est synonyme de vin pour le monde entier. Rien ne se passe à Bordeaux qui n'ait de rapport direct ou indirect avec le vin. Le vin qui contribue à faire de Bordeaux un haut lieu de l'art de vivre, en droite ligne de celui célébré par Ausone voici seize siècles.
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