La planète-vin / Australie
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S'il fallait, en un mot, résumer l'essence du vin australien,
le mot "saveur" s'imposerait indiscutablement à l'esprit. Certes,
les vins australiens ne sont pas tous des modèles
d'élégance, mais ils ont le goût du fruit, direct et sans détour.
Les conditions climatiques extrêmes, chaleur et sécheresse, imposent
l'irrigation dans certains vignobles fournisseurs des gros bataillons
de vins ordinaires. Une bonne partie des vignes des régions
les plus chaudes sert à faire des eaux-de-vie et des vins
fortifiés. Mais l'Australie se tourne de plus en plus vers ses régions
à climat frais ou tempéré, et celles-ci fournissent bon nombre
d'excellents vins, dont quelques-uns de classe mondiale.
Malgré tout, même sous un climat tempéré, des titres de 13 à
13,5%vol sont monnaie courante, et de
nombreux vins atteignent 14%vol. Cette haute teneur en
alcool n'est pas une exclusivité australienne, mais il est assez
remarquable que de tels vins ne soient pas déséquilibrés pour autant.
Le climat mis à part, les différences les plus importantes avec
l'Europe sont imputables à la jeunesse du pays.
La viticulture australienne n'a pas comme la notre deux millénaires
de tradition : elle a fait ses débuts voilà à peine
un siècle et demi. Comme d'autres pays du Nouveau Monde, l'Australie
apprend vite et progresse à pas de géant. Vers le milieu des années
80, les cépages nobles ne comptaient que pour un tiers dans l'encépagement
total; aujourd'hui ils accaparent deux tiers de l'encépagement, et leur
progression se poursuit. L'Australie sait maintenant parfaitement quels climats
conviennent à quels cépages, mais l'adéquation des cépages
et des sols peut encore être largement améliorée.
Enfin, ce continent n'a rien à nous envier sur le plan technique,
et il recèle un potentiel considérable d'amélioration qualitative,
dont l'évidence éclatera au fur et à mesure que davantage de vignerons
s'astreindront à modérer les rendements.
L'Australie n'a pas de système d'appellation au sens
européen. Chaque état a employé divers moyens pour assurer le
client que le contenu d'une bouteille est conforme à l'étiquette, mais
ces moyens avaient surtout un but promotionnel. Depuis 1993, les
choses ont pris une tournure plus sérieuse sous l'égide de
l'AWBC (Australian Wine and Brandy Corporation). L'AWBC,
organisme de droit public agissant au niveau fédéral,
a défini un cadre légal pour une centaine de régions viticoles
(sub-divisées en une pléthore de sous-régions). Sous le contrôle de
l'AWBC, les vignerons doivent se soumettre au LIP (Label Integrity
Program), système garantissant la véracité de l'étiquette
en ce qui concerne le cépage, l'année, et la région viticole.
La législation, comparable à celle des Etats-Unis, tient en quatre
points :
- si l'étiquette mentionne une origine, au moins 80% du raisin
doit provenir de cette origine;
- si l'étiquette mentionne un cépage, le vin doit contenir au moins
80% de ce cépage;
- si le millésime est indiqué, au moins 95% du raisin doit être
de ce millésime;
- si plusieurs cépages sont mentionnés, le cépage dominant doit être
mentionné en tête, à moins que les deux cépages soient présents en
proportions égales.
La simplicité de ce système -typique des pays du Nouveau Monde-
n'exige du consommateur que de savoir ce qu'il aime, et encourage de
sa part une attitude critique. Ce qui n'est nullement exclusif de
culture et de passion : la Yarra Valley n'a-t-elle pas été proprement
ressuscitée par un groupe d'amateurs de Sydney ?
Les vignerons ont toute liberté pour concocter des mélanges que
les organismes de contrôle européens réprouveraient... Non seulement
des assemblages originaux de divers raisins de la même région, mais
aussi des assemblages de régions éloignées les unes des autres.
Le plus souvent, cette pratique concerne l'obtention de vins bon
marché, mais les grandes maisons l'emploient aussi pour des vins
de qualité, avec des résultats parfois excellents. Par exemple, un des
meilleurs vins du pays est obtenu par mélange de cabernet du Coonawarra
et de syrah de Barossa...
Les bons vins sont dûs aux cépages nobles européens. En
particulier, deuxième producteur mondial de syrah (derrière la France),
l'Australie produit en quantité des Shiraz qui concurrencent les
Côte-Rôtie, des Riesling sans
équivalent ailleurs, des Cabernet Sauvignon qui n'ont rien à envier
aux meilleurs californiens, et des Shiraz concurrents des
meilleurs Côte-Rôtie; elle est d'ailleurs le deuxième
producteur mondial de syrah, après la France.
En blanc, le goût australien a évolué vers les vins secs, mais la
demande principale se porte encore vers des vins fruités et légèrement
doux. Une quantité de 7 grammes de sucre résiduel par litre est
considérée comme du sec, alors que la plupart des vins commerciaux
en contiennent de 7 à 15 grammes. Les vins
de type "Moselle" et autres assemblages Traminer/Riesling admettent la
présence de 15 à 30 grammes de sucre.
Il faut dire que le sucre étant naturellement abondant dans le
raisin australien, il est facile d'obtenir une teneur élevée en sucre
résiduel. La chaptalisation est donc, très logiquement, interdite ici,
alors que l'acidification est autorisée.
Riesling et Gewurztraminer sont fermentés en cuve. Chardonnay,
Sémillon, et Sauvignon, sont souvent fermentés sous bois. Les
meilleurs subissent un élevage de 6 à 9 mois en barriques de chêne
français. Cependant, à l'exception de certains Sémillon de Hunter
Valley capables de se bonifier pendant deux décennies, la plupart
des blancs évoluent rapidement et arrivent à maturité entre 2 et 6 ans.
Dernier succès en date, le chardonnay s'est
parfaitement acclimaté; quasiment inconnu en 1970, c'est aujourd'hui
le cépage blanc le plus répandu. Plusieurs grandes maisons de
Champagne, ayant compris ce qu'elles pouvaient attendre des terroirs
australiens, y ont investi massivement.
En ce qui concerne les mousseux, il convient de se souvenir que
brut, en Australie, veut souvent dire demi-sec, tant et si bien que
certains vignerons se croient obligés de mentionner Brut de Brut.
En rouge, cabernet sauvignon et syrah sont les deux cépages
majeurs, auxquels un séjour en fûts -de 6 mois à 2 ans- s'avère
bénéfique. Leur assemblage, spécificité australienne, donne des
résultats étonnants : des vins riches, corpulents, concentrés,
où des nuances de tabac s'ajoutent aux arômes puissants de groseilles
ou de mûres.
Pour la plupart, les rouges présentent l'avantage considérable,
par rapport aux grands Médocains par exemple, d'être consommables
jeunes, tout en présentant une excellente aptitude au
vieillissement. Agréables dès leurs jeunes années (qualité précieuse
alors que de moins en moins d'amateurs ont les moyens nécessaires
pour un stockage de longue durée), ils opposent ensuite aux outrages
du temps une résistance tout à fait remarquable. Dans la grande
majorité des cas, ils atteignent leur apogée entre 5 et 10 ans.
Dans une catégorie très différente, l'Australie produit des vins
fortifiés à peu près selon tous les styles connus en Europe, tels
ceux de Porto et de Jerez. Plus des vins de dessert superbes, issus
de muscat ou de muscadelle, et d'autres inédits issus de sauvignon.
Venons-en aux producteurs.
Les amateurs européens doivent se défaire du réflexe
qui les conduit à rechercher exclusivement les bons petits
producteurs. Certes, les meilleurs vins viennent pour la plupart de
petits vignerons, mais comment se les procurer lorsqu'on en est éloigné
par des milliers de kilomètres ?
Et d'ailleurs, 80% du vin australien est produit par les quatre
sociétés viticoles les plus importantes : Penfold's, BRL Hardy,
Orlando, et Mildara Blass. Fort heureusement, ici, taille rime avec
gamme : parmi les grandes compagnies, Lindemans, Seppelt's,
McWilliam's, Hardy's, Penfolds, entre autres, s'attachent à faire
figurer dans leur catalogue d'excellents vins à des prix raisonnables.
Les producteurs sont enchantés -comme leurs homologues
européens- de parler de leurs vins. Cependant, le visiteur ne doit
pas s'attendre à payer le meilleur prix en achetant à la source. Cela
peut certes arriver, en particulier chez les petits vignerons. Les
producteurs d'une certaine importance, par contre, ont souvent passé des
accords avec leurs distributeurs, aux termes desquels ils s'engagent
à pratiquer des prix au moins égaux aux prix de détail.
Enfin, le rapport qualité/prix des vins australiens est très
attrayant... Ou plutôt a été très attrayant :
sous l'effet de la demande désormais mondiale, les prix ont connu une
augmentation sensible ces dernières années. De telle sorte que
la demande de vins ordinaires a faibli, et l'Australie, en ce début 2002,
doit faire face à des stocks importants : environ deux années
de commercialisation en rouge, une année en blanc. La rançon du
succès...
On rencontre encore des termes faisant allusion à des vignobles
européens (tels que Burgundy, Chablis, Champagne, Frontignan, Graves,
Sauternes, etc.), mais plus pour longtemps : à la suite d'accords
passés avec l'Union Européenne, ils vont être bannis progressivement.
- Bin : signifiait, autrefois, l'endroit où l'on rangeait le vin
d'un certain millésime. Aujourd'hui, c'est souvent un numéro de cuvée,
suggérant un style suivi, mais il ne
présente aucune garantie. Les petits vignerons préfèrent indiquer
le cépage, l'année de récolte, et l'année de mise en bouteille.
- Blend : assemblage. Divers cépages, provenant de vignobles qui ne
sont pas nécessairement dans la même région.
- Brut : s'applique à des effervescents secs.
- Burgundy : désigne des rouges issus de divers
cépages, sans rapport avec le Bourgogne.
- Carbonated wine : effervescent produit en cuve close, par du gaz
carbonique sous pression.
- Chablis : désigne des vins qui peuvent être issus
de pedro ximenez, sémillon, sauvignon, et n'ont donc rien à voir
avec le véritable Chablis.
- Champagne : pour la plupart, leur seul point vraiment commun
avec les Champagne est d'être des mousseux obtenus par
seconde fermentation en bouteille. Rares sont ceux comparables à leurs
prestigieux inspirateurs.
- Continuous Press : presse à vis. Le jus de raisin tombe, alors que
les rafles sont expulsées à l'extrémité de la presse. Ces résidus
entrent dans la distillation d'eau-de-vie, qui devient du brandy par
ajout de caramel (alcool blanc appelé Grappa par les Italiens
et les Yougoslaves).
- Dry : sec. N'étant pas réglementée, cette notion dépend du
producteur.
- Fino : comme à Jérez, léger et très sec.
- Flor sherry : a subi la flor, comme à Jérez.
- Fortified wine : s'applique aux portos, muscats, tokays, sherries,
madeira, et tout autre vin stabilisé par l'ajout d'un ingrédient
alcoolisé.
- Frontignan : s'il usurpe le nom d'un de nos bons Muscat, au moins
est-il issu de muscat de Frontignan. Ceci dit, il peut s'agir d'un vin
au sens strict, autant que d'un Vin Doux Naturel.
- Graves : désigne des vins issus non seulement de sémillon, mais
aussi de pedro ximenez, donc sans grand rapport avec le vrai
Graves.
- Madeira : vin issu de verdelho, mais aussi de sémillon, palomino,
ou chenin blanc, et élevé en fût pendant plusieurs années. Donc un
rapprochement très discutable avec le Madère.
- Marc : l'eau-de-vie obtenue par distillation du jus extrait des
rafles est appelée Grappa, boisson plus dure que l'eau-de-vie de
marc produite en France.
- Marsala : vin très riche et doux, issu de syrah ou de grenache, et
infusé avec des herbes. Donc sans rapport avec le Marsala.
- Moselle : désigne des vins issus de riesling (ce qui est correct)
mais aussi de sémillon et/ou pedro ximenez, donc peu de rapport avec un
Moselle.
- Nutty : qualifie un sherry demi-sec ou moelleux.
- Oloroso: désignait autrefois un vieux sherry assez doux.
S'applique maintenant à tout vin fortifié très doux de style sherry.
- Sauternes : désigne des vins issus de sémillon, mais aussi de
sauvignon blanc, palomino, et pedro ximenez. Rapport lointain avec un
vrai Sauternes.
- Sec : s'applique à un effervescent sec.
- Sparkling Burgundy : tantôt obtenus par seconde fermentation en
bouteille, tantôt en cuve carbonique, ce sont des rouges effervescents,
secs et acides, parfois vieillis en fût.
- Sparkling Hock : blancs effervescents obtenus par macération
carbonique en cuve.
- Sparkling Moselle : idem, mais un peu plus doux.
- Spumante : ce mot emprunté au vocabulaire italien désigne
un effervescent, lequel s'avère en général doux.
- Sucre : en Australie, il est illégal d'augmenter le taux de sucre
d'un vin avec autre chose qu'un vin lui-même sucré.
- White Burgundy : fait de sémillon et d'ugni blanc, n'a donc rien à
voir avec un Bourgogne blanc.
De nombreux cépages sont employés ici ou là, mais les bons vins
sont dûs à une dizaine de cépages :
- cabernet sauvignon : donne la plupart des meilleurs rouges
australiens, tant dans des vins mono-cépages que dans des assemblages
de type Médoc, ou encore en couple avec la syrah.
- chardonnay : il est aux blancs secs ce que le riesling est aux
blancs plus fruités et aromatiques. Il peut
gagner en complexité par un traitement judicieux par le bois.
Les Chardonnay australiens sont plus légers et plus frais que ceux,
"beurrés" et fortement alcoolisés, de Californie. Il convient de les
attendre un peu, mais rares sont ceux imposant une attente de plus de
5 ans.
- chenin blanc : répandu en Australie Occidentale, un peu en
Australie du Sud et Nouvelles Galles du Sud, il donne des résultats
neutres et sans grand intérêt. Rarement employé seul, c'est souvent
le cépage dominant des blancs génériques (par exemple White Burgundy).
- marsanne, plantée principalement dans l'état de Victoria (qui
détient 70% de la marsanne dans le monde), elle donne de bons
résultats les bonnes années, et accepte de vieillir en prenant des
teintes et un bouquet de miel.
- merlot : le développement du merlot est récent, mais les résultats
obtenus sont excellents, aussi est-il de plus en plus employé dans des
assemblages de style médocain. Pour l'anecdote, signalons qu'une
bonne partie du "merlot" planté au début des années 80 s'est avéré
être du cabernet franc...
- muscat d'Alexandrie (parfois appelé frontignac ou
frontignan) : est largement cultivé, sous ses formes
blanche, rouge, et brune, pour faire des blancs, des vins fortifiés,
et même des effervescents. Il peut donner des résultats
extraordinaires, tout particulièrement en North-Eastern Victoria.
- pinot noir : il a du mal à s'adapter en général, et en outre c'est
un cépage difficile tant à cultiver qu'à vinifier. Mais il a obtenu
quelques excellents résultats dans des zones à climat frais tels que la
Yarra Valley, Margaret River, et la Tasmanie, aussi se développe-t-il
rapidement.
- riesling : comme le pinot noir, il ne peut donner de bons résultats
que dans les climats frais, mais des réussites spectaculaires sont
obtenues.
Le Riesling australien a des caractères propres qui le distinguent
des européens et des américains, et il s'avère meilleur que les
américains. Le vin peut être sec ou doux, voire liquoreux, mais les
arômes du fruit doivent dominer. Il est buvable jeune, mais se bonifie
en général par un vieillissement d'un an ou deux, au cours duquel se
renforcent des arômes de pêches, pommes, fruits de la passion.
- sauvignon blanc : en Australie, les réussites ne sont pas foule,
mais leur nombre s'accroît. Attention, le label "Fumé blanc" ne
correspond pas toujours à un vin de sauvignon : il s'agit souvent
d'un blanc sec, avec des arômes fumés dénotant le boisé.
- le sémillon est cultivé en quantité, pour des vins en vrac et des
mélanges. Il peut être vinifié en sec ou en liquoreux. La Hunter
Valley en tire des vins secs distingués, quoique souvent
neutres dans leur jeunesse. Avec l'âge (3 à 10 ans), leur robe devient
dorée, et ils acquièrent une saveur évoquant le pain grillé et le miel.
- syrah : ce cépage a trouvé en Australie son second terroir
d'élection (le premier étant évidemment Côte-Rôtie, dans
la vallée du Rhône). Les meilleurs Shiraz sont des vins de classe
mondiale, mais les résultats varient largement en fonction du
traitement : en Australie, la syrah se montre capable d'une grande
versatilité. Cela peut aller de vins légers à boire très frais,
tels ceux produits par les vignobles irrigués,
à des vins très colorés, corpulents, avec une saveur intense
un peu poivrée. Les meilleurs peuvent bénéficier d'un séjour en fût,
de 6 mois à 2 ans, et se montrent aors capables de durer deux décennies
ou davantage.
En outre, la syrah a prouvé son intérêt dans divers assemblages,
surtout avec le cabernet sauvignon. Last but not least, les
Shiraz australiens sont souvent d'excellentes affaires.
Les autres cépages employés sont les suivants :
- biancone (alias trousseau), donne ici des blancs manquant de fruité
et de distinction
- bonvedro
- cabernet franc
- canocazo
- chasselas (chasselas doré, ici appelé Sweetwater),
cultivé en Great Western, Australie Occidentale, et Nouvelles Galles
du Sud.
- cinsaut, ne donne pas de bons résultats ici
- clairette (alias blanquette), cultivé dans la Hunter Valley
- colombard, encore peu utilisé, bien que susceptible de bons
résultats.
- crouchen (parfois appelé Clare Riesling), de peu d'intérêt
- dolcetto, sans intérêt sauf pour les "portos"
- doradillo, faible en alcool et sans caractère; utilisé en
distillation.
- durif, fort et sombre, donnant des vins peu élégants, en North East
Victoria et Southern Vales. En régression.
- emerald riesling
- farana, alias planta pedralba
- gewurztraminer (souvent appelé traminer) : il ne réussit guère
en Australie, où il donne des vins en général épicés mais peu élégants,
souvent gras et trop doux. Orlando en fait de bons.
- grenache, productif et peu coloré, entre dans des
coupages de qualité médiocre, mais s'avère excellent pour les
rosés et les Tawnies.
- grenache gris
- malbec : de petites vignes sont cultivées un peu partout. Il est
rarement vinifié seul, mais plutôt en
assemblage où il peut donner de très bons résultats.
- mataro : en principe, il s'agit de mourvèdre.
- mondeuse (alias refosco) : cultivé avec succès en North-East
Victoria, habituellement assemblé avec de la syrah.
- muscadelle (souvent appelée tokay) : utilisée pour faire des vins
de dessert, dont quelques-uns superbes. Son emploi
en assemblage pour élaborer des vins de style Sauternes n'a
pas connu un grand développement.
- muscat fleur d'oranger (alias muscat orange)
- ondenc : connait sa meilleure réussite
dans le Seppelt Great Western Champagne)
- palomino (alias listan) : parfois employé pour élaborer des
White Burgundy.
- le pedro ximenez est employé à des fins déplorables, aussi le
"sherry" souffre-t-il d'une défaveur auprès des Australiens.
- petit verdot : ce cépage bordelais qui excelle en année
chaude pourrait trouver ici un climat idéal, mais il est
encore peu employé.
- pinot gris (alias rülander)
- pinot meunier
- sangiovese
- sultana (alias Thomson Seedless) : contribue, en assemblage avec
des raisins plus parfumés, à des vins ordinaires de style
Moselle.
- terret noir
- tinta amarella
- tinta cao
- tinta madeira
- touriga
- trousseau gris
- ugni blanc (alias trebbiano) : donne des vins peu élégants
- verdelho : a été planté dans l'ouest où il donne quelques bons vins
secs, et d'autres moins secs. Et aussi un peu en Hunter Valley.
Il donne des résultats très variables selon le millésime et le
vigneron. Il a donné quelques vins fortifiés superbes, tels le
Sandalford Liqueur Sandalera.
- waltham cross
Le coup d'envoi du développement viticole fut donné en 1832, lorsque
James Busby importa 20.000 ceps représentant de nombreux cépages
européens. Cependant, lors de l'implantation des ceps, un certain
mélange d'espèces eut lieu, les étiquettes se perdirent, et - il faut
bien le dire - une grande confusion s'ensuivit. Ce n'est qu'à
la fin des années 70 qu'un effort d'identification a été
entrepris. A cet égard, une certaine confusion régnait encore
récemment en Great Western (Victoria). La liste suivante
contient les noms qui ont parfois été employés à tort, et indique ce
dont il s'agit en fait.
- albillo : chenin blanc
- auldana no. 2 : terret noir
- black prince (Great Western) : cinsaut
- blanquette (Southern Australia) : doradillo
- cabernet gros (Barossa) : bastardo
- canaiolo (New South Wales) : sangiovese
- caracosa : syrah
- clare riesling : crouchen
- claret (Southern Australia) : terret noir
- common palomino (Victoria) : canocazo
- false carignan (Southern Australia) : bonvedro
- false trebbiano (Southern Australia) : farana
- falso pedro (Southern Australia) : canocazo
- french colombard : clairette
- green doradillo : biancone
- hermitage : syrah
- Hunter River riesling : sémillon
- Irvine's white : ondenc
- Johannesburg riesling : riesling
- madeira : sémillon en Southern Australia,
verdelho en New South Wales.
- malaga (Southern Australia) : waltham cross
- malbec : dolcetto en Great Western
- Miller's burgundy : pinot meunier
- morrastel (Southern Australia) : mourvèdre
- oeillade ou ulliade : cinsaut
- rutherglen pedro : durif
- saint-emilion : ugni blanc
- sercial : ondenc
- sherry : chenin blanc
- stein : chenin blanc
- tokay : muscadelle
- traminer : gewurztraminer
- white grenache
grenache gris en Victoria et New South Wales,
trousseau (alias biancone) ailleurs.
- white hermitage / white shiraz : ugni blanc
- xeres (Victoria) : syrah
La diversité des vins australiens est accentuée par les différences
d'un millésime à l'autre. Rares sont les millésimes médiocres au sens
européen (maladies, manque de sucre naturel), mais les variations des
conditions climatiques au cours du cycle végétatif ont une incidence
marquante sur la qualité et le style du vin.
Il faudrait, pour être exact, entrer dans le détail région par
région, cépage par cépage. Pour autant, nous ne serions pas encore au
bout du compte, notamment en ce qui concerne les assemblages
inter-régionaux, car ceux-ci sont adaptés chaque année en fonction
-précisément- des conditions climatiques, afin d'obtenir un style suivi.
Quant aux petits producteurs, nombreux sont ceux qui s'ingénient à
modifier le style de leurs vins d'une année sur l'autre.
La simplicité commande donc de nous en tenir à des indications
générales sur l'état sanitaire du raisin, que nous mentionnerons région
par région pour les millésimes récents. Pour le reste, faire confiance
aux bons producteurs, soucieux de tirer le meilleur de chaque
millésime.
Dans les paragraphes qui suivent, la sélection de bons producteurs
obéit aux règles suivantes :
- la taille : il ne servirait à rien de nous pencher sur des
produits que nous n'avons aucune chance de rencontrer en Europe dans les
prochaines années (cas d'une production
confidentielle, ou d'un producteur ne pouvant ou ne cherchant pas à
s'évader du marché local).
Ce critère conduit à ignorer nombre
d'excellents produits que nous pourrions trouver sur
place. Toutefois, une poignée de vins rares, difficiles à obtenir
même sur place, sont mentionnés en raison de leur caractère
extraordinaire.
- la régularité : de temps à autre, une dégustation à l'aveugle met
à l'honneur un vin exceptionnel, qui fait jeu égal avec
certains des meilleurs vins du monde. Le but de cet ouvrage, faut-il le
rappeler, n'est pas de mettre en avant les vins d'exception, mais de
signaler les terroirs et les producteurs obtenant régulièrement des
résultats de très haute qualité, surtout lorsque leurs prix demeurent
raisonnables.
- la plupart des producteurs font de nombreux vins. Notre
préférence va à ceux capables de nous procurer plusieurs vins de très
bonne qualité. Seuls les meilleurs de leurs vins sont cités.
Voici 43 vins figurant régulièrement parmi les tout meilleurs australiens.
Sauf pour les vins à boire jeunes, nous indiquons entre crochets
la fourchette d'âge [minimum, maximum] au cours de laquelle le vin est
à son mieux. L'âge exact auquel un vin atteint son apogée dépend
évidemment du millésime.
Les prix indiqués (en dollars australiens) sont les prix départ cave
relevés en 1994.
- Meilleurs vins à base de syrah
- Penfolds Grange Hermitage 100$ [6-20]
- Craiglee Shiraz 20$ [0-10]
- Mount Langi Ghiran Shiraz 19$ [0-12]
- Meilleurs Cabernet sauvignon
- Chapel Hill Cabernet sauvignon 17$ [2-8]
- Wynns
Coonawarra Cabernet sauvignon 17$ [2-10]
- Vasse Felix Cabernet sauvignon 33$ [6-13]
- St Huberts Cabernet sauvignon 24$ [6-13]
- Wynns "John Riddoch" 35$ [6-13]
- Bowen Est.
Coonawarra Cabernet sauvignon 16,5$ [0-5]
- Coldstream Hills
Cabernet sauvignon 19,5$ [0-7]
- Rosemount
Show Reserve Cabernet sauvignon 23$ [0-10]
- Mount Langi
Ghiran Cabernet sauvignon 18,5$ [6-15]
- Orlando
St Hugo Cabernet sauvignon 18$ [0-10]
- Meilleurs Pinot noir
- Coldstream Hills Reserve Pinot noir 30$ [0-5]
- Tarra Warra Pinot noir 22$ [0-5]
- Meilleurs assemblages rouges
- Mount Mary Cabernets Quintet (assemblage de type Médoc),
le plus fameux australien après le Grange Hermitage. 42$ [0-7]
- Tyrrels Vat 9 Wine of the vintage, 40$.
Ce vin n'est commercialisé que lorsqu'il est prêt à boire. En
1994, c'était le 83, qui sera à son apogée jusqu'en 1998.
- Primo Est. Joseph (merlot et cabernet sauvignon),
un vin très particulier, fait selon la tradition italienne
de l'amarone (raisins séchés avant pressage). 28$ [7-12].
- Coldstream Hills Cabernet Merlot 18,5$ [0-6]
- Meilleurs Chardonnay
- Rosemount Roxburgh Chardonnay 41$ [0-6]
- Evans & Tate
Margaret River Chardonnay 30$ [0-6]
- Karriview Denmark Chardonnay 23,5$ [0-5]
- Hardys Eileen Hardy Chardonnay 23$ [6-12]
- Cape Mentelle Chardonnay 23$ [0-5]
- Mitchelton Reserve Chardonnay 22$ [0-5]
- Yeringberg Chardonnay 22$ [0-5]
- Wignalls Chardonnay 22$ [0-6]
- Meilleurs Riesling
- Delatite Riesling 13,5$ [0-4]
- Petaluma
Rhine Riesling de Clare Valley 17$ [5-7]
- Seppelt
She-Oak Spring Rhine Riesling 11,5$ [0-8]
- Tollana Botrytis Rhine Riesling,
13,5$ pour 37,5cl [0-4]
- Wolf Blass
Gold Label Rhine Riesling 13,4$ [0-6]
- Meilleurs effervescents
- Domaine Chandon Brut millésimé 26$ [0-4]
- Wirra Wirra The cousins 25$
- Andrew Garrett
Randall Méthode Champenoise 21$
- Seaview Edmond Mazure 20$
tous millésimés. Et, en rosé non millésimé :
- Domaine Chandon rosé Brut 26$
- Meilleurs vins fortifiés
- Seppelt 100 years Old Para Liqueur
unique au monde, 1.000$ ou davantage...
- Chambers Old Liqueur Muscat 85$
- Chambers Old Liqueur Tokay 85$
- Penfolds Grandfather Port 60$ (rare)
- Hardy's Liqueur Sauvignon blanc 44$
- Seppeltsfield Show Tawny Port DP90,
21 ans d'âge en moyenne, 44$.
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Pierre Lotigie-Laurent