La planète-vin / Allemagne
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Ce sont les Romains qui amenèrent la vigne ici, sur les coteaux de la
Moselle et du Rhin. Trêves fut pendant 4
siècles la capitale de la Gaule romaine. Ausone décrit les vignobles
appelés Mosella, dont les Romains tiraient des vins légers qui le
consolèrent de l'éloignement de sa chère résidence girondine.
L'Allemagne a eu jusqu'à 20.000 appellations. Depuis la
simplification
apportée par la réforme de 1971, elle n'en a plus que (si
l'on peut dire) 2.600.
La production annuelle des 96.000 hectares plantés tourne autour de
10 millions d'hectolitres en année normale, dont 87% de blancs. Les
derniers chiffres connus au moment d'écrire ces lignes annoncent une
production de 13 millions d'hectolitres pour 1992. Le rendement global
allemand est donc excessif et la grande majorité du vin ne peut pas être
de qualité. Que l'on se rassure : d'excellents vins blancs sont
élaborés, en nombre respectable. Le problème, cependant,
reste de s'en procurer, car ils sont réputés, et consommés sur place.
En général peu alcoolisés (8 à 11%vol), légers, fruités, les blancs
ont un charme particulier.
Quant aux rouges, ils sont peu tanniques, relativement peu
alcoolisés, dotés d'une certaine acidité fruitée, l'ensemble de
ces caractéristiques leur conférant une certaine similitude avec les
blancs. Mais, en Allemagne plus que presque partout ailleurs,
le millésime a une importance considérable.
La législation de 1971, vaguement amendée en 1989, encourage les
normes basses et la surproduction. Et en effet, on observe fréquemment,
pour le riesling, des rendements de 100 à 130 hl/ha en année moyenne,
ce qui est déjà beaucoup; pour l'elbling et le müller-thurgau, les
rendements moyens oscillent entre 130 et 150 hl/ha, c'est à dire à un
niveau incompatible avec la qualité. D'où sans doute l'opinion répandue
que les vins blancs allemands sont acides, verts, peu alcoolisés, et ne
se conservent guère. Mais si cette opinion se vérifie hélas! trop
souvent, il faut se garder de généraliser hâtivement.
Acides ? Oui, mais une acidité modérée contribue à l'équilibre
du vin, et elle confère aux bons vins allemands leur qualité unique.
A tel point que de nombreux connaisseurs préfèrent certains
Beerenauslese ou Trockenbeerenauslese au Château d'Yquem.
Verts ? Certains vins ordinaires sont verts. Et certains petits
producteurs de M-S-R et du Wurtemberg semblent aimer faire des vins
verts; ou, plus probablement, ils sont incapables de faire mieux dans
les années médiocres.
Peu alcoolisés ? Oui, mais... D'une part, ceci est en train de
changer. De nos jours, on trouve plus fréquemment des Auslese secs (en
particulier en rouge), donc avec un taux d'alcool plus élevé que par le
passé. D'autre part, ce n'est pas vraiment la question. Ce qui compte
ici, c'est l'harmonie de la douceur et de l'acidité.
Conservation : le problème subsiste. Les vins peu alcoolisés et
pratiquement dépourvus de tanin ne se conservent pas. Certains
blancs ont une acidité et une teneur en sucre permettant d'envisager une
conservation relative. Rares sont ceux capables de résister aux
outrages de 10 années, mais les bons vins du Rheingau et de la Nahe, et
les meilleurs du Palatinat, peuvent s'améliorer pendant 10 ans ou
plus. Les vins les plus alcoolisés se conservent beaucoup plus
longtemps, et un Trockenbeerenauslese peut facilement vivre un siècle.
Les meilleurs producteurs ont décidé d'ignorer les
encouragements à la quantité, pour faire le meilleur vin possible. Ils
ont renoncé aux vins floraux, sucrés et aqueux. La plupart sont
maintenant secs (Trocken) ou demi-secs (Halbtrocken).
Par exemple, les meilleurs domaines du Rheingau produisant des
Riesling Halbtrocken se sont groupés en 1984 dans une association
appelée "Charta" (dont l'emblème est une fenêtre romane à double
ogive), qui applique des normes nettement supérieures aux minima légaux.
Plus connu, le VDP (Verband Deutscher Prädikats und Qualitäts
Weingüter), dont l'emblème est un aigle tenant une grappe de raisin,
a été fondé en 1910. Ses membres doivent avoir fait leurs preuves, et
soumettent leurs vins à un examen plus strict que la Amtliche Prüfung.
La classification distingue trois qualités de vins :
- Le "Tafelwein", vin de table, souvent coupé par d'autres
vins de la CEE.
"Deutscher Tafelwein" désigne un vin de table d'origine
exclusivement allemande.
Landwein désigne un Tafelwein de qualité supérieure, qui n'est
cependant pas comparable aux Vins de Pays français. Un Landwein
doit avoir un degré d'alcool plus élevé qu'un Tafelwein et doit
provenir d'une des dix-huit régions ayant droit à cette mention. Ex.:
"Pfälzer Landwein" (Palatinat), "Schwäbischer Landwein" (Vin
de Pays du Wurtemberg).
Seuls les vins de cette catégorie peuvent être fermentés en barrique
neuve.
Mais la mention Landwein recouvre surtout des surplus de
production.
- Les "Qualitätswein bestimmter Anbaugebiete" (QbA), chaptalisés
mais d'origine et de cépages contrôlés. Ils satisfont à la législation
européenne sur les VQPRD, mais il est difficile de trouver de bons vins
dans cette catégorie.
- Les "Qualitätswein mit Prädikat" (QmP) : des vins assez mûrs pour
n'avoir pas besoin de chaptalisation (c'est, du moins, l'opinion qui
prévaut en Allemagne).
NB : "Wein" (non précédé de "Land" ni "Tafel") peut être un coupage
de moûts importés de pays hors CEE.
Dans ce qui suit, nous nous intéressons donc exclusivement aux QmP.
Les QmP sont classifiés en fonction de la maturité du raisin. La teneur
en sucre naturel s'exprime traditionnellement par les termes suivants,
en ordre croissant de maturité :
- Kabinett : les plus secs, les plus légers, et moins coûteux, des
QmP. Ils titrent en général entre 7 et 9%vol, et sont capables de
finesse.
- Spätlese : désigne un vin de récolte tardive, plus corsé,
qui doit
vieillir au moins trois ans. Le caractère "tardif" de cette
vendange est cependant tout relatif, car il peut ne s'agir que d'une
semaine par rapport à la date normale des vendanges. Une petite semaine
qui fait une grosse différence...
Kabinett et Spätlese peuvent être vinifiés en secs ou demi-secs, mais
le Spätlese s'avère souvent demi-sec.
- Auslese : vin à haute teneur en sucre, issu d'une sélection de
grappes mûres, parfois atteintes par la pourriture noble (Edelfäule).
- Beerenauslese : extrêmement doux, presque liquoreux, issus de
raisins sélectionnés à surmaturité, souvent atteints par la pourriture
noble, ce qui concentre leur sucre et leur parfum. Comparables aux
Sauternes, ils sont évidemment rares et coûteux.
- Trockenbeerenauslese (en abrégé : TBA) : issus de raisins
passerillés sur cep, au parfum de miel, ce sont les plus doux et plus
chers, parmi lesquels se trouvent certains des meilleurs vins du monde.
Le taux de sucre de l'Eiswein (vin de glace) s'avère intermédiaire entre
celui des Beerenauslese et celui des TBA.
La loi allemande exige que l'origine du vin soit donnée exactement,
et le système d'appellations est conçu de façon à permettre
l'identification précise de l'origine du vin.
Le vigneron peut indiquer, au choix :
- l'Einzellage dont provient son vin : l'unité collective
élémentaire. Il s'agit d'une délimitation assez fine (la loi de 1971
exige cependant une superficie minimale de 50.000 mètres carrés), et
l'Allemagne compte actuellement 2.600 Einzellagen. L'Einzellage peut
inclure des parcelles de plusieurs villages. La mention d'un Einzellage
est donc toujours accompagnée de celle du village auquel appartient la
parcelle ayant fourni le vin. Cependant, le vigneron peut, s'il le
souhaite, n'indiquer que le village.
Il n'existe pas de notion de hiérarchie entre Einzellagen, telle
que celle des Crus Classés.
- ou le Großlage : aire délimitée regroupant un ensemble
de localités appartenant au même Bereich et partageant des
caractéristiques de base communes. Le vigneron peut indiquer le
Großlage si son vin est issu de raisins provenant de plusieurs
Einzellagen, ou s'il ne satisfait pas toutes les règles qui s'appliquent
à un Einzellage donné.
- ou le Bereich : appellation sous-régionale. Un producteur peut
préférer indiquer le Bereich plutôt que le Großlage, par exemple si ce
dernier ne bénéficie pas d'une notoriété suffisante. Mais il n'est
guère d'exemple de vin qui, conforme aux normes et issu d'un Einzellage
réputé, soit commercialisé sous l'appellation régionale. La prudence
s'impose donc à l'égard des vins ne mentionnant que le Bereich.
Une étiquette classique peut comporter jusqu'à 9 mentions :
- L'Anbaugebiet (région viticole).
Exemple : M-S-R.
- La commune, avec le suffixe -er.
Exemple : Bernkasteler, Rüdesheimer.
Quelques vins jouissant d'une très haute réputation, tels que le
Schloß Vollrads à Winkel, et le Steinberger à Hattenheim, peuvent se
contenter de leur appellation et n'ont pas besoin de mentionner le
village.
- Le vignoble : Einzellage ou Großlage.
Exemple : Schloßberg, Berg Brennen, Klaus.
C'est là que réside la difficulté pour le consommateur : rien
ne précise si le nom indiqué est un Einzellage ou un Großlage. Nous
devons nous astreindre à connaître les noms des Großlagen.
- Le cépage et le degré de maturité du raisin. Exemple : Riesling
Auslese.
- Le millésime
- La catégorie : QmP, ou QbA.
- "A.P. nr" : abbréviation de Amtliche Prüfungsnummer, numéro
officiel d'identification d'un vin de qualité.
- Erzeugerabfüllung : mise en bouteilles par le producteur, ce qui
-en Allemagne- ne présente aucune garantie. Préférer la nouvelle
mention Gutsabfüllung (mise en bouteilles à la propriété).
- Nom et adresse du producteur.
Bien entendu, le producteur peut faire état des récompenses reçues.
"Bundesweinprämierung" est la plus haute récompense, décernée
au niveau national par la Deutsche Landwirtschaft Gesellschaft (D.L.G.),
dont le siège est à Heilbronn, dans le Wurtemberg.
Cette récompense est matérialisée sous la forme d'une étiquette frappée
de la médaille (d'or, d'argent, ou de bronze) reçue.
- Trocken : sec.
Selon la loi, le mot Trocken sur l'étiquette signifie un maximum de
9 grammes de sucre non fermenté par litre. Pour être bons, les vins
Trocken doivent avoir bien plus de corps que la plupart des Kabinett.
De plus en plus, les meilleurs vins (Spätlese et Auslese) sont vinifiés
en sec. Certains sont tout simplement délicieux. Les vins Trocken
sont généralement les mieux adaptés pour accompagner un repas.
NB: en Franconie, "trocken" garantit au plus 4 grammes de sucre
par litre.
- Halbtrocken : demi-sec.
Ce mot désigne des vins contenant entre 9 et 18 grammes de sucre
(moins de 50g pour les effervescents), et moins de 10 grammes
d'acidité. Ce sont des vins plus aimables, et souvent plus
équilibrés que les Trocken.
Bien sûr, un Beerenauslese ou un TBA ne peut pas
être sec, c'est chimiquement impossible.
- Lieblich : moelleux, jusqu'à 45 grammes de sucre résiduel.
- Süss : liquoreux.
- L'Eiswein : vin de glace, souvent très doux, rare.
- Deutscher Sekt : mousseux, quelque soit la méthode
d'élaboration. En général, il est fait en cuve close, sans la moindre
trace d'autolyse qui est le propre du Champagne. La
plupart du temps, il sera fruité et demi-sec.
- "Rebsorte" ou "Traubensorte" : cépage.
Certains vins, tels que le Würzburger, le Steinwein de Franconie,
le Mauerwein de Bade, se présentent en flacon trapu à flancs plats,
appelé Bocksbeutel.
Les vins blancs de Moselle sont conditionnés en bouteille verte, ceux
du Rhin en bouteille de couleur ambre. Les vins rouges sont souvent mis
en bourguignonnes. Mais en général, les caractéristiques de la
bouteille importent peu.
Un mot sur le goût germanique : les allemands boivent un peu de vin
avant le repas, mais surtout après, et presque pas pendant le repas
lui-même. On sirote en grignotant des amuse-gueules, de petites choses,
et les vins préférés pour cet exercice sont des blancs demi-secs. Il
s'agit là du goût allemand séculaire. Toutefois, un courant vers les
vins secs s'est développé ces 15 dernières années, corrélativement à une
augmentation de la consommation de vin pendant les repas.
Cela étant, la notion de sec diffère de la notre : "sec" en
France, signifie moins de 4 grammes de sucre résiduel. En Allemagne,
"trocken" correspond à un maximum de 9 grammes.
Les vins de Moselle, du Rheingau, et de Hessische Bergstraße sont
dûs en majorité au riesling, le cépage qui réussit le mieux en
Allemagne. Dans d'autres régions,le müller-thurgau domine. Mais de
nombreux autres cépages sont
utilisés çà et là. Nombre d'hybrides et cépages modernes blancs
sont fruités à l'extrême, mais le dernier mot n'est pas dit dans
l'amélioration du choix des cépages.
En rouge :
- Blauer Arbst : clône de Spätburgunder, aussi appelé Affentaler en
Pays de Bade.
- Dornfelder : cépage en cours d'implantation dans toute la Rhénanie.
Voir Wurtemberg.
- Klevner : le rouge est censé être du chiavenna (pinot noir italien
à mûrissement rapide).
- Lemberger : 580 ha. Voir Wurtemberg.
- Müllerrebe : alias Schwarzriesling. 1600 ha. Voir Wurtemberg.
- Portugieser : 3.200 ha. Rouge de moindre qualité, encore que
certains vins de Hesse Rhénane et
de Franconie puissent être agréables.
- Samtrot : voir Wurtemberg.
- Spätburgunder : pinot noir, 4.800 ha. Meilleur rouge
en Pays de Bade et vallée de l'Ahr.
- Trollinger : 2.080 ha. Rouge du Wurtemberg, injustement réputé
donner des vins médiocres; certains vins excellents en sont
issus. Voir Wurtemberg.
En blanc :
- Bacchus : 3.570 ha. Croisement de (sylvaner x riesling) et
müller-thurgau, en général très parfumé, qui convient pour les vins
doux.
- Chardonnay : ne réussit pas en Allemagne.
- Ehrenfelser : croisement de Riesling et Sylvaner.
- Elbling : 1.180 ha. Cépage traditionnel, donnant généralement des
résultats médiocres, cependant capable de fraîcheur et de vitalité
dans les meilleures conditions. Employé surtout dans la vallée de la
Moselle, presque exclusivement comme base de mousseux ordinaires.
- Faber : 2.200 ha. Croisement de Weißer Burgunder et Müller-Thurgau.
- Gewurztraminer : alsacien, cultivé en petite quantité
dans le Palatinat, en Hesse Rhénane, et dans le pays de Bade.
- Gutedel : c'est du chasselas, utilisé dans la partie méridionale du
pays de Bade. 1.300 ha.
- Huxelrebe : 1.700 ha. Croisement de chasselas et courtillier
musqué, très aromatique, utilisé principalement pour les vins doux.
- Kanzler : croisement de Müller-Thurgau et Sylvaner.
- Kerner : 7.270 ha. Croisement de trollinger et de riesling, plus
précoce que le riesling, de qualité honnête mais sans l'harmonie
intrinsèque du riesling. Un des 4 cépages les plus répandus en
Allemagne.
- Klingelberger : nom parfois donné au riesling en pays de Bade.
- Morio-muskat : 2.400 ha. Croisement de sylvaner et de weißer
burgunder. Arôme très poivré. En déclin.
- Müller-thurgau : 24.200 ha. Fruité, de faible acidité, précoce.
De plus en plus répandu.
- Nobling : nouveau cépage blanc pour vin frais et léger. A été
utilisé en pays de Bade, mais donnait des résultats médiocres.
- Optima : croisement de (Sylvaner x Riesling) et Müller-Thurgau,
aussi appelé "113".
- Ortega : croisement de Müller-Thurgau et Siegerrebe, employé en
Franconie.
- Perle : croisement de Gewurztraminer et Müller-Thurgau.
- Rieslaner : croisement de Sylvaner et Riesling.
- Riesling : 20.400 ha. Meilleur cépage allemand, fin, fruité,
parfumé, qui rivalise avec le chardonnay pour les meilleurs blancs du
monde.
- Ruländer : pinot gris. 2.900 ha. Capable de donner des vins
simples et élégants, il est cependant très capricieux. En Pays de Bade,
il lui arrive de donner des vins pleins et corsés.
- Scheurebe : 4.250 ha. Croisement de sylvaner et riesling (inventé
par Georg Scheu, directeur, dans les années 20, de la pépinière
régionale de Hesse Rhénane), à l'arôme fruité. Capable de bons
résultats, il est utilisé en Palatinat et Hesse Rhénane. Quand il est
mûr, il montre de beaux arômes de miel et de pamplemousse.
- Siegerrebe : croisement de Madeleine d'Angevine et Gewurztraminer.
- Sylvaner : ici orthographié Silvaner. 7.750 ha, 3e cépage blanc,
mais seule la Franconie produit du sylvaner de qualité
acceptable. Cependant, la Hesse Rhénane s'efforce de redorer le blason
de ses Sylvaner secs, sous le label RS (Rheinhessen Silvaner).
- Traminer : parfois appelé Clevner ou Rotclevner au Wurtemberg,
seule région où ce cépage est important. Proche du Gewurztraminer mais
moins parfumé.
- Weißer Burgunder (ou Weißburgunder) : parfois appelé weißer
Klevner, ou weißer Arbst, c'est du pinot blanc.
Table 1. Régions et Bereich
| Région
| Principaux Bereiche
| Principaux Großlagen
|
| Rheingau
| Johannisberg
| Burgweg, Deutelsberg, Erntebringer, Gottesthal,
Heiligenstock, Honigberg, Steil, Mehrhölzchen, Steinmächer, Daubhaus,
|
| Hesse Rhénane (Rheinhessen)
| - Bingen
- Nierstein
- Wonnegau
| - Sankt Rochuskapelle, Kaiserpfalz, et 4 autres
- Gudes Domtal, Rehbach, Spiegelberg,
Güldenmorgen, Krötenbrunnen, Domherr,
Vogelsgärten, et 4 autres.
- 7 Großlagen secondaires
|
| Franconie (Franken)
| - Maindreieck
- Steigerwald
- Mainviereck
- Bayer Bodensee
| - Ewig Leben, Kirchberg, et 7 autres
- Burgweg, Herrenberg, Schloßberg et 3 autres
- (Reuschberg, Heiligenthal)
|
| Vallée de l'Ahr
| Walporzheim-Ahrtal
| (Klosterberg)
|
| Nahe
| - Bad Kreuznach
- Schloß Böckelheim
| - Kronenberg, Schloßkapelle, et 2 autres
- Burgweg, (Paradiesgarten), (Rosengarten)
|
| Palatinat (Pfalz)
| - Mittelhaardt Deutsche
Weinstraße
- Südliche Weinstraße
| - Feuerberg, Hofstück, Hönigsackel, Kobnert,
Schenkenböhl, Höllenpfad, Hochmess, Saumagen,
Mariengarten, Meerspinne, Schnepfenflug
- Kloster Liebfrauenberg, Ordensgut, Mandelhöhe,
Guttenberg, et 5 autres
|
| Mosel-Saar-Ruwer
| - Zell (Untermosel)
- Obermosel
- Saar-Ruwer
- Bernkastel
- Moseltor
| - Schwarze Katz et 4 autres
- (Gipfel, Königsberg)
- Scharzberg (qui recouvre la Sarre), Römerlay,
- Badstube, Kurfürstlay, Michelsberg,
Münzlay, Nacktarsch, Sankt Michael, Schwarzlay,
von Heißen Stein, Beerenlay, Probstberg.
|
| Mittelrhein
| - Bacharach
- Rheinburgengau
- Siebengebirge
| - (Schloß Reichenstein, Schloß Stahleck)
- (Burg Hammerstein, Burg Rheinfels, Gedeonseck,
et 5 autres).
|
| Bade
| - Badisches Frankenland
- Bergstraße / Kraichgau
- Ortenau
- Breisgau
- Kaiserstuhl
- Tuniberg
- Markgräflerland
- Bodensee
| - (Tauberklinge)
- (Hohenberg, Mannaberg, Stiftsberg, Rittersberg)
- Fürsteneck, Schloß Rodeck
- (Burg Zähringen, Burg Lichteneck,
Schutterlindenberg)
- Vulkanfelsen
- (Attilafelsen)
- (Vogtei Rötteln, Burg Neuenfels, Loretoberg)
- (Sonnenufer)
|
| Hessische Bergstraße
| - Umstadt
- Starkenburg
| -
- Wolfsmagen, (Schloßberg, Rott)
|
| Württemberg
| - Kocher-Jagst-Tauber
- Württembergisch
Unterland
- Remstal-Stuttgart
- Oberer Neckar
- Würt. Bodensee
| - (Kocherberg, Tauberberg)
- Lindelberg, Kirchenweinberg, Salzberg,
Heuchelberg, Stromberg, et 4 autres
- Weinsteige, Wartbühl, et 3 autres
|
Il faut aussi signaler l'existence de deux "nouvelles" régions
vinicoles (Anbaugebiete) autrefois en Allemagne de
l'Est : Saale-Unstrut, et Saxe, dont les
Großlage ne sont pas encore définis.
A l'évidence, cette nomenclature peu pratique n'a pas été
conçue pour le consommateur. Voici quelques conseils
pour éviter les mauvaises surprises :
- Ne prendre que des vins portant mention d'un Einzellage, et éviter
ceux qui ne mentionnent que le Bereich ou le Großlage (certains bons
vins sont cependant vendus sous le label d'un Großlage réputé, soit
parce que le nom de l'Einzellage est méconnu, soit simplement par
tradition.
Maintenant, comment savoir que "Verrenberger Lindelberg" est un vin
ordinaire portant mention d'un Großlage, alors que Verrenberger
Verrenberg est un Einzellage renommé ?
Autant se demander comment on
sait qu'un Gevrey-Chambertin est hiérarchiquement inférieur
à un Charmes-Chambertin.
- Ignorer les grandes coopératives
c'est assez facile, elles portent un nom tel que
Zentralwinzergenoßenschaft ou quelque chose de
ce genre. Certaines coopératives plus petites, cependant, figurent
parmi les meilleurs producteurs.
- En revanche, certains des meilleurs vignobles sont la propriété du
gouvernement, et certains des meilleurs vignerons sont employés par le
gouvernement. Les mentions "Staatsweingut" ou "Staatliche ..." sont en
général de bons achats, avec un très bon rapport qualité / prix.
- Comme en France et en Italie, certains vignobles
appartiennent à l'ex-aristocratie :
"Freiherr" désigne un baron,
"Graf" un comte, "Markgraf" un marquis, "Fürst" un prince. Certains
d'entre eux sont bons, mais d'autres vous font payer un supplément sans
que la qualité s'en trouve améliorée...
- A quelques rares exceptions près, ne prendre que des QmP
(Qualitätswein mit Prädikat).
A ce sujet, remarquer que quelques uns
des meilleurs producteurs "sous-qualifient" leurs vins :
ils appellent Kabinett ce que d'autres qualifieraient de
Spätlese, etc.
- Ignorer les médailles : on en décerne beaucoup trop,
et certains des meilleurs producteurs se sont lassés d'arborer ces
décorations douteuses.
- La plupart des vins allemands ne sont pas conçus pour accompagner
un repas, mais pour être dégustés pour eux-mêmes.
Pour un achat en Allemagne, le prix correspond à la qualité
relative locale. A l'étranger, une liste de tous les Bereiche et
Großlagen peut être utile. Dans les paragraphes qui suivent, vous
trouverez par région les noms des Einzellagen les plus réputés.
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En abrégé
Pierre Lotigie-Laurent